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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Arabie Saoudite: rendez-vous manqué |
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06/03/2009 |
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Le report de la visite à Riyad du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, était attendu. Comme il le fait souvent, Paris avait fixé les dates de cette visite de façon unilatérale.
Or, dans cette hypothèse, Kouchner n’aurait pu rencontrer sur place que le chef du service des renseignements généraux, l’émir Moqrin Ben Abdel Aziz. Le roi Abdallah s’est fait excuser, se trouvant dans l’une de ses résidences hors de Riyad.
Trois autres piliers du régime, à savoir l’émir Sultan, prince héritier et ministre de la Défense, l’émir Nayef, ministre de l’Intérieur, et l’émir Salman, gouverneur de Riyad, étaient aussi indisponibles. De même que l’émir Saoud el-Fayçal, ministre des Affaires étrangères, pour cause de voyage. Bernard Kouchner a donc dû reporter sa visite. Non sans un certain soulagement.
Sur le fond, les Saoudiens se montent réservés sur certaines options du ministre. Ils voient en effet d’un mauvais œil le rapprochement entre Paris et Bagdad, dont ils rendent Kouchner responsable, compte tenu de ses bonnes relations avec le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki. Or, le péril irano-chiite est devenu la préoccupation principale de la diplomatie saoudienne.
En outre, Riyad reproche à Paris d’avoir brisé l’isolement diplomatique de la Syrie, ce qui l’a contraint à rouvrir des canaux de contacts avec Damas. Rappelons que les ministres français de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et de la Défense, Hervé Morin, ne se sont pas, non plus, rendus en Arabie Saoudite comme prévu. Paris reste donc dans l’expectative. Car la mauvaise santé de l’émir Sultan, dernier fils du roi Abdel Aziz censé hériter du trône, paralyse quelque peu le pouvoir saoudien et entraîne le gel d’un certain nombre de dossiers.