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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Cuba : Un pseudo-coup d’État

09/12/2009

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Le président cubain, Raul Castro

crédits: Agência Brasil

Le 18 novembre, plus d’une trentaine d’officiers cubains, dont de nombreux officiers supérieurs et généraux, ont été arrêtés à La Havane et incarcérés dans plusieurs prisons, dont notamment celle de haute sécurité de Colo-Colo, à quelques kilomètres au nord de la capitale cubaine.

Motifs de leur emprisonnement : ils sont accusés d'avoir fomenté un coup d’Etat contre le régime castriste.

Depuis, ces officiers auraient été soumis à des actes de torture et leur intégrité physique auraient été rapidement mise à mal. Le président Raul Castro a suivi l’affaire personnellement, insistant pour que l’on obtienne rapidement des détenus "la confession de leur crime contre le peuple cubain", afin de les faire juger par un tribunal révolutionnaire.

A l’étranger, les ONG Amnesty Internationale et Human Rights ont été rapidement prévenues par des proches de ces officiers. Et dans les jours qui suivaient, deux d’entre eux au moins décédaient des coups reçus dans les geôles cubaines. Les officiers qui ont survécus aux interrogatoires musclés et conditions d'incarcération, seront jugés dans quelque temps, pour très probablement être condamnés à mort puis fusillés. Les corps sont généralement rendus aux familles — auxquelles plus aucune aide d'état n’est verseés et qui sont mises au ban — puis enterrés dans des fosses communes.

S'agit-il d'un mauvais remake de la "baie des Cochons", comme la présidence cubaine l'annonce?

A priori pas, et au final, ces victimes n’auront rien pu avouer. Ces officiers seraient parfaitement innocents. Un certain mécontentement couvait, et court encore, dans les rangs des cadres militaires de l'armée cubaine. Raul Castro, comme il l’a déjà fait par le passé, invente alors une tentative de coup d’Etat, fomentée en liaison avec les Etats-Unis. Puis, ce "coup" est soit-disant dénoncé par un prétendu membre du groupe des conjurés. Dernier acte : cette dénonciation montée de toutes pièces donne blanc seing à la présidence pour lancer une chasse aux traîtres dans les rangs des miliatires mécontents de leur conditions.

La méthode, éprouvée, permet à Castro de calmer les esprits et de s’assurer une certaine popularité. C’est du moins ainsi que le décrit un officier, qui a, jusqu’ici, échappé aux foudres de l’actuel chef de l’Etat.

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