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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Impasse en vue au Liban |
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04/06/2009 |
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Avec l’approche des élections législatives au Liban, le 7 juin, les observateurs craignent un nouvel accès de violence dans ce pays, qui pourrait faire tache d’huile dans la région. Alors que les pays occidentaux, et notamment la France, envisagent l’hypothèse d’une victoire du camp du 8-Mars, dirigé par le Hezbollah (voir TTU Monde Arabe n° 604), des observateurs prévoient une situation voisine de celle qui a vu le Hamas remporter les dernières élections palestiniennes et a conduit à la guerre israélienne contre Gaza.
Avec une droite israélienne au pouvoir, l’intégration du Liban dans l’axe syro-iranien justifierait une opération préventive de Tsahal. Les milieux de renseignements occidentaux s’attendent, d’un autre côté, à ce que le Hezbollah se livre à une démonstration de force, avec l’aide de ses “sponsors” régionaux, en cas de victoire au prochain scrutin. Ces craintes ont poussé Washington et Moscou à envoyer des émissaires de haut niveau dans la région, au cours des dernières semaines. Ainsi, le vice-Président américain, Joe Biden, s’est rendu à Beyrouth afin de rassurer ses alliés et manifester son soutien au camp du 14-Mars, malgré la position de neutralité officielle de Washington.
Selon des participants aux réunions qu’il a tenues avec des représentants de la majorité libanaise, au domicile de la ministre Nayla Moawad, le vice-Président américain a exprimé à nouveau le soutien de son administration à l’armée libanaise, afin que celle-ci puisse contrôler l’ensemble du territoire.
Soulignant que la communauté internationale appuiera le Président de la République, Michel Sleiman, comme symbole de l’Etat et gardien de la Constitution. Selon lui, le programme de soutien américain à l’armée serait compromis au cas où l’opposition remportait les élections. Washington demanderait, à ce moment-là, au nouveau gouvernement libanais de reconnaître toutes les résolutions internationales concernant le Liban et le conflit israélo-palestinien.
Joe Biden s’est aussi inquiété de ce que le Hezbollah ne fasse monter la tension en cas de défaite. Il aurait informé ses interlocuteurs que Washington ne désignerait pas de nouvel ambassadeur à Damas prochainement, d’autant que la France semble avoir perdu son pari, suite à sa main tendue à la Syrie. En effet, celle-ci refuse toujours d’assouplir sa position sur trois points.
La Syrie continue ainsi à renforcer ses relations avec l’Iran ; elle n’a pas respecté ses engagements concernant le Liban, en continuant à soutenir le Hezbollah, et elle offre toujours asile aux chefs des organisations palestiniennes radicales et des groupes armés rebelles irakiens.
De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé à Damas, où il a été reçu par le Président Bachar el-Assad. Il a également rencontré le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal. Le ministre russe aurait conseillé au Président syrien de calmer le jeu au Liban et en Palestine et de pas intervenir dans les élections libanaises. Mettant en garde contre le danger de toute explosion, difficile à maîtriser et qui pourrait prendre des dimensions régionales. Il aurait réussi à obtenir des engagements de la part de Damas, pour que ses alliés libanais permettent le déploiement des forces de l’armée et des forces de sécurité dans toutes les régions sensibles du Liban, afin d’éviter tout incident pendant les élections.
Enfin, il aurait évoqué le projet d’une conférence internationale sur le Moyen-Orient. La diplomatie russe l’envisageant comme un prolongement de celle de Madrid, avec la participation de grands pays musulmans, comme l’Indonésie et la Malaisie.
Le Président de la République Libanaise Michel Sleiman