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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

L'énigme nord-coréenne

12/03/2009

Les inquiétudes concernant les intentions de Pyongyang s'appuient sur de nouvelles révélations concernant son armement. Mais pas seulement. C'est d'abord, selon le Livre blanc sud-coréen, le déploiement d'un nouveau missile balistique SS-N-6 de moyenne portée (3 000 km, ce qui permet d'atteindre l'Inde et l'Australie).

C'est ensuite l'allongement de la portée du missile balistique Taepong-2, menaçant les Etats-Unis, voire une nouvelle génération de ce même missile.

Dans tous les cas, c'est la base de Musudanri, au nord-est du pays (où sont déployés ces missiles), qui se trouve au cœur des préoccupations occidentales. Les rumeurs qui circulent ces derniers jours, soit sur l'essai d'un nouveau missile, soit d'un satellite (Kwangmyongsong-2), posent bien des questions.

Les «renseignements» sont contradictoires à propos de ces préparatifs, principalement parce que Pyongyang, fort des expériences passées, essaie de camoufler un tir éventuel. Par exemple, avec l'annonce de l’envoi d'un satellite de communication pour détourner l'attention des observateurs.

Pour les uns, l'Armée nationale populaire a terminé la construction de souterrains qui permettent d'acheminer le carburant liquide sur le pas de tir sans être détecté par les satellites américains, comme les fois précédentes. Pour les autres, aucun signe n'indique qu'on a approché un missile près d'un lanceur.

Mais un avion-espion américain RC-135 aurait détecté l'activité d'un radar de suivi des missiles sur cette même base de Musudanri (ce qui se fait généralement quinze jours avant le lancement d'un missile). Des choses qui expliquent que tant l'amiral Keating (chef de la flotte américaine du Pacifique) que les responsables japonais ont laissé entendre qu'ils étaient prêts à intercepter éventuellement un missile nord-coréen.

Pour les spécialistes de la région, ce remue-ménage a au moins deux objectifs corollaires : lever la barre assez haut, avant de commencer à négocier avec l'administration Obama (ce qui arrange les Chinois : ils apparaissent ainsi comme des intermédiaires encore plus importants qu'ils ne le sont déjà).

Mais aussi, au moment des très cosmétiques élections à Pyongyang pour le Congrès suprême du peuple, rassurer la direction politique et militaire nord-coréenne après les effets d'annonce, également contradictoires, sur l'éventuel dauphin désigné de Kim Jong-il.

 

D'un Kim à l'autre...

 

«C'est la loi du plus faible dans ce genre de régime : si l'on a choisi le jeune Kim Jong-un comme successeur de la dynastie, c'est qu'il sera le plus maniable du point de vue de la junte qui doit assurer la régence.» Tel est l'avis donné à TTU par un expert de la Corée du Nord.

Effectivement, dans le sillage des dernières informations sur la nomination du troisième Kim, les services de renseignement sud-coréens et japonais ont laissé transpirer leurs analyses dans la presse. Tous confirment que le cercle militaire qui gérerait la Corée du Nord s'articulera autour des frères Jang, à commencer par le général Jang Song-Taek, beau-frère de Kim Jong-il, et Jang Song-U, commandant du troisième Corps d'Armée et ancien patron du grand service de la Reconnaissance militaire.

La direction du renseignement de défense japonaise (DIH) ainsi que des sources américaines citées par le grand quotidien Yomiuri Shimbun soulignent que cette junte va s'appuyer sur l'autre fils de Kim Jong-il, le spécialiste de la guerre de l'information, Kim Jong-Nam, sorte de régent du dauphin désigné qui risque de faire office d'homme de paille.

Le renouvellement, ce mois-ci, du Congrès suprême du peuple pourrait donner une indication sur le rôle futur éventuel de Kim Jong-un ou de l'un des deux autres fils de Kim Jong-il.

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