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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Le croiseur russe “Piotr Velikii” à Toulon |
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16/10/2008 |
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Le “Piotr Velikii” (ex-“Youri Andropov”), croiseur nucléaire russe lance-missiles type “Projet 1144” (classe “Kirov”) de 24 300 tonnes, fera bientôt escale à Toulon. La décision a été tranchée par l’Elysée cette semaine. Il faut dire que, depuis la crise géorgienne et la nomination d’un nouvel ambassadeur, M. Orlov, certaines administrations françaises traînent les pieds devant le volontarisme du président de la République envers son partenaire russe. Ce bâtiment est le navire le plus lourdement armé de la marine russe. Similaire à l’“Admiral Nakhimov” avec quelques radars et équipements électroniques en plus. Il peut lancer des missiles SS-N-16 en plus des SS-N-15 depuis ses tubes lance-missiles verticaux. Au plan électronique, il dispose de plus de deux radars Strut Pair et de radars pour la conduite de tir, sans compter les outils de guerre électronique. Ce type de bateau possède deux chaufferies nucléaires adjacentes (une par ligne d’arbre). Elles permettent d’atteindre les 24 nœuds, mais l’existence de deux turbines supplémentaires l’autorise à augmenter sa puissance de 50 %. Cette escale aura lieu alors que des marines étrangères mouillent également à Toulon et à Marseille. |
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Les constructions navales russes : état des lieux La filière de la construction navale russe comprend environ 170 entreprises – dont 45 chantiers navals – employant plus de 200 000 personnes. L’essentiel de l’activité est concentré dans le nord du pays (Baltique, mer Blanche et région de Mourmansk). La conception des navires est assurée par des instituts et des bureaux d’études de Saint-Pétersbourg (cf infra) et les réparations de tous types de bâtiments se font habituellement aux chantiers Zvezdotchka (Severodvinsk) et Zvezda (Bolchoï Kamen). La construction des sous-marins a lieu au chantier Sevmach pour les SNLE, aux chantiers de l’Amirauté (Saint-Pétersbourg) et à Krasnoe Sormovo (Nijny-Novgorod) pour le conventionnel. Enfin, la construction des bâtiments de surface (de classe corvettes à destroyers) se fait à Saint-Pétersbourg au Chantier du Nord ou à l’Usine de la Baltique, ainsi qu’à Iantar (Kaliningrad). Sevmach, qui a obtenu le retrofit du porte-aéronefs Amiral Gorchkov vendu à l’Inde, construira les futurs grands bâtiments de surface de la Marine russe en substitution du chantier ukrainien de Nikolaev. Quant à la production de petits navires, elle a lieu à l’intérieur des terres, en particulier sur la Volga (chantiers de Rybinsk, Iaroslav, Zelenodolsk).
Une doctrine au service de la maîtrise des mers La maîtrise des mers est au cœur de la vision stratégique russe. D’où la volonté de reprise des patrouilles sous-marines dans le grand Nord. Le pôle d’excellence reste la force sous-marine avec la volonté de renouveler l’ensemble de cette composante. Au sein d’une étude sur la marine russe, Isabelle Facon (FRS), rappelle bien que la « doctrine maritime de la Fédération de Russie jusqu’en 2020 » a été approuvée par le Président Poutine le 27 juillet 2001 lors de la fête de la Marine. Elle applique, dans le domaine maritime, les dispositions des documents cadres de la politique extérieure et de sécurité russe, également toilettés au moment de l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine (Concept de sécurité nationale, Doctrine militaire et Concept de politique étrangère, adoptés respectivement en janvier, avril et juin 2000). La Doctrine maritime devait être adoptée dès la fin de 2000, mais le naufrage du Koursk a contraint les autorités russes à en différer la publication. La pensée stratégique russe ne confère traditionnellement pas une place essentielle à la dimension maritime. Cet état de choses tient au fait que, historiquement, être une puissance navale n’a pas constitué une nécessité vitale pour les Russes dans la mesure où leur pays est un continent en soi entre l’Europe et l’Asie. Autarcique pour l’essentiel, la Russie entretenait des relations et des échanges commerciaux en premier lieu avec ses voisins continentaux. Le pays n’avait donc pas un impérieux besoin des mers pour ses échanges et pour sa sécurité alimentaire. Mais aujourd’hui, l’objectif d’indépendance alimentaire, l’essor de l’économie pétrolière fondée sur l’off-shore, celui du commerce maritime international constituent autant de stimulants pour une modification profonde de cette vision traditionnelle. |
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