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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Paris-Riyad : vers plus de réalisme

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Riyad devrait bientôt signer le contrat pour l'achat de trois MRTT (EADS)

Les autorités saoudiennes ont pris acte du choix de nommer l’amiral Oudot de Dainville à la présidence de la Sofresa, un mois après la fin de son mandat de chef état-major de la marine, en avril 2008. Ce point d’accord met fin, sur la méthode, à l’épi­sode du limogeage unilatéral de Michel Mazens sans consultation préalable de Riyad (avant la nomination de Bruno Cotté). Pour continuer dans les aspects positifs et la possible relance des contrats, la visite de Claude Guéant aurait reçu un écho plus que favorable. Le roi Abdallah a, comme à son habitude, laissé son demi-frère, le prince héritier Sultan, par ailleurs ministre de la Défense, le soin de traiter les dossiers de défense et d'achat d’armement. Au cours de l’entretien, le monarque aurait seulement évoqué le coût élevé du matériel français et la longueur des délais de livraison. Quant aux échanges Guéant-Sultan, leur franchise a commencé par le Leclerc. Le char lourd intéresserait toujours le prince Sultan, qui regrette de ne pas avoir reçu d’offre de reprise pour les AMX-10 saoudiens. En outre, il a critiqué les performances françaises dans la réalisation des programmes offset, estimant que Paris n’allait pas au bout de ses engagements. Néanmoins, avant la visite d’Hervé Morin, qualifiée par une source saoudienne de “réussie”, et de celle de Nicolas Sarkozy, prévue pour janvier 2008, le prince Sultan a ouvert de nombreuses perspectives à Claude Guéant sur non pas des grands “packages” (Sawari III...), mais sur des contrats précis répondant à un besoin capacitaire. Parmi les contrats possibles, le prince Sultan a assuré que l’achat des avions ravitailleurs MRTT serait formalisé dans les prochaines semaines, après un changement dans la forme du contrat, passant de 2+1 à un regroupement de 3 + Logistique et soutien. L’armée de l’air saoudienne a indiqué que ses besoins étaient de huit à dix appareils. Quant à la modernisation des systèmes de défense aérienne Shaheen et Crotale, estimée à 2 milliards d’euros, elle s’étalerait sur une dizaine d’années pour aboutir à une “convergence” et à une intégration des deux systèmes. Toujours dans le domaine du possible, les hélicoptères (Riyad serait intéressé par une volume gobal d’environ 80 unités) ont pâti de l’idée du “package” qui assimilait, à tort, la Garde nationale (et le ministère de l’Intérieur) au ministère de la Défense. Aujourd’hui, Riyad pourrait répartir le contrat pour la Défense entre les Russes et les Français. Evoquant le coût prohibitif du NH-90 (peut-être achetés par la Garde nationale), les Saoudiens opteraient pour l’achat de Mi-17 (même si les Français ont proposé des Cougar). Le contrat avec l’armée de l’air devrait revenir aux Français (20 appareils Cougar/Super Puma), ainsi que pour la marine (NFH, Panther). Enfin, horizon plus lointain, les Saoudiens ne se pressent pas pour engager les discus­sions sur Sawari III, en raison de la proximité de Sawari II dans le cadre duquel la marine a reçu, il y a près d’un an, la dernière Frégate La Fayette 3000, ainsi que la décision d’acquérir des navires de type LCS. La plupart de ces navires entrant en service à l’horizon 2013. Sawari III, s’il voit le jour, comprendra trois volets. Premièrement, des avions de patrouille maritime, pour lesquels les demandes saoudiennes ne sont pas claires, ce qui ouvre le choix entre les Casa CN 295, le Falcon 2000 et l’ATR 72. Deuxièmement, les frégates Fremm. Les Saoudiens manifestent de l’intérêt pour la version navale du missile sol-air Scalp EG/Storm Shadow. Enfin, le sous-marin SMX-23, programme jugé peu sérieux, car l’utilisation de tels bâtiments exige des compétences techniques élaborées et des effectifs plus importants pour la marine, outre l’accord nécessaire de Washington, allié stratégique principal de Riyad. Ce qui signifie que Sawari 3 ne deviendrait prioritaire pour les Saoudiens qu’à l’horizon de 2013.

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Les chances du NH90 sont remises en cause par l'Arabie Saoudite qui juge son coût prohibitif. Riyad pourrait se tourner vers des offres américaine ou russe.

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