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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Surplus d’ogives nucléaires en Europe

27/06/2008

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L'Eurofighter pourrait être le prochain porteur des bombes nucléaires américaines de la Luftwaffe.

Crédits: Eurofighter Typhoon

Berlin se penche sur les derniers missiles nucléaires américains

Alors que la ville de Berlin discute de la création d’un musée de la guerre froide, les députés allemands se penchent sur les « vestiges » du dispositif nucléaire américain en Europe. Les trois partis d’opposition ainsi que le SPD ont lancé le débat sur les dernières ogives nucléaires américaines installées en Allemagne et demandent à ce qu’elles quittent le territoire national.

Jusqu’à présent, le gouvernement allemand et le ministre de la défense considèrent que la présence d’un arsenal estimé entre 20 et 40 de bombes atomiques (types B-61-3 et B -61-4) d’une puissance allant jusqu’à 170 kilotonnes (13 fois la puissance d’Hiroshima) reste nécessaire. Les députés se sont également interrogés sur les plans de la Luftwaffe qui, à l’horizon 2010, sera principalement équipée avec l’Eurofighter. Or, si rien n’est prévue pour remplacer l’escadron de Tornado, il est prévu que l’avion porteur des bombes soit l’Eurofighter, qui se trouve stationné à Büchel, près de Coblence, base qui abrite au moins une vingtaine des bombes américaines. En 1991, l’Europe abritait encore 1400 ogives nucléaires américaines. Les experts estiment qu’il en reste encore entre 200 et 350 unités. En Allemagne, le débat fait rage alors que les débats sur la prolifération se poursuivent dans les enceintes internationales

Dissuasion, prolifération, « déprolifération »

Le tout dans un contexte de révision doctrinale américaine marquée par une inflexion par rapport à la lune de miel Bush-Poutine de l’après 11 septembre. Les deux chefs d’Etats avaient alors estimé que la Guerre froide était bien enterrée et qu’il était nécessaire de réfléchir à une dissuasion nucléaire « new look » faisant table rase des scories du passé. Car l’équilibre de la terreur ne limite pas au nucléaire. Il englobe le biologique et le chimique, domaines de coopération privilégiée entre Moscou et Washington. La dissuasion, au XXIe siècle doit également prendre en compte les nouvelles menaces et la prolifération.

La prolifération serait, à en croire la phraséologie onusienne, le plus grand Mal de notre temps. Mais, comme le remarque l’expert Benoît Pélopidas, « le pire n’est jamais sûr ». Il constate, en effet, que la prolifération n’est pas écrite à l’avance. Elle apparaît davantage comme une exception de l’histoire. Or, la tempête proliférante n’a pas encore eu lieu. Pélopidas observe que les études les plus pessimistes comptent « seulement » 38 Etats ayant eu une activité nucléaire avec des incertitudes à propos de l’Espagne, du Nigeria, du Chili, des Pays-Bas, de la Finlande, de la Turquie, de la Grèce et de l’Argentine. Il constate aussi, et c’est bien là l’originalité de sa thèse, une ouverture au phénomène de « déprolifération ». En citant des exemples d’Etat ayant choisi le renoncement comme l’Afrique du Sud, alors qu’elle avait franchi le seuil nucléaire.

Rappel : qu’est-ce que le nucléaire ?

Cela commence par de la matière constituée d’atomes. En 1912, le physicien anglais Ernest Rutherford (qui avait montré que l’atome avait un noyau), et le physicien danois Niels Bohr mettent au point un modèle dans lequel l’atome est constitué d’un noyau de charge positive entouré d’un cortège d’électrons. En 1913, Rutherford découvre le proton et en 1932, le physicien anglais Chadwick le neutron. En 1938, Hahn et Strassmann découvrent la fission spontanée et le physicien français Frédéric Joliot-Curie, assisté de Lew Kowarski et Hans Von Halban, montre, en 1939, que ce phénomène de cassure des noyaux d’uranium s’accompagne d’un intense dégagement de chaleur. La découverte de la réaction en chaîne permettra l’exploitation de l’énergie nucléaire. Pendant la guerre de 1939-1945, les études sur la fission se sont poursuivies aux États-Unis, avec la participation de physiciens émigrés. Le projet Manhattan est lancé, avec pour objectif de doter ce pays d’une arme nucléaire (qui a été utilisée à Hiroshima et à Nagasaki en 1945). Dès la fin de la guerre, les recherches sur l’énergie dégagée par la réaction de fission nucléaire sont poursuivies dans le but d’une utilisation civile.

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