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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Iran : Progrès balistique et effort de défense

24/11/2008

Le tir d’un nouveau missile iranien, baptisé Sejil, le 12 novembre, suscite la curiosité des services occidentaux, qui s’interrogent sur les capacités techniques de Téhéran et la persistance d’une aide étrangère. Des interrogations qui s’appuient notamment sur les affirmations iraniennes selon lesquelles le Sejil, qui affiche une portée de 2 000 km, utilise une propulsion par combustible solide. Ce type de propulsion permet d’accélérer la séquence de tir des missiles.

Les Shahab 3, d’une portée de 1 300 km et dont la propulsion s’appuie sur un combustible liquide, nécessitent en effet au moins une heure de préparation avant d’être lancés. En 2007, Téhéran avait déjà indiqué qu’un missile, baptisé Ashura, bénéficiait d’une propulsion à combustible solide. Des observateurs soulignent les très fortes ressemblances du Sejil avec le missile Ashura ainsi qu’avec le Gadr-1 présenté pour la première fois en avril dernier. Ces trois engins, qui affichent des portées similaires et semblent tous être dotés d’un second étage et d’une propulsion solide, ne seraient en fait que des évolutions du Shahab 3, avec lequel ils partagent encore la même ogive caractéristique.

Si elle est avérée, cette maîtrise de la propulsion solide et de systèmes multiétages fiables marquerait une étape significative du développement des systèmes balistiques iraniens. La mise au point de têtes militaires optimisées (notamment pour des charges non conventionnelles) et de moyens de guidage précis, qui restent encore parmi les points faibles de ces systèmes, devrait alors constituer l’une des nouvelles priorités des ingénieurs iraniens.

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Nouvelle base navale iranienne

La marine iranienne vient d’inau­gurer ses nouvelles installations militaires du port de Jask, situé à l’entrée du golfe Persique. Ces installations marquent la volonté de Téhéran de renforcer son contrôle et sa présence à l’entrée du golfe Persique et en mer d’Oman. Elles doivent notamment permettre de faciliter la circulation de submersibles iraniens. Si la mise en œuvre des sous-marins de poche dans les eaux du Golfe est aisée, les Kilo sont, quant à eux, jugés extrêmement vulnérables dans une zone où les fonds ne dépassent souvent pas cinquante mètres. La création de cette base doit ainsi permettre d’accueillir les Kilo et de les rapprocher de l’entrée du golfe Persique. Ceux-ci étant, jusqu’à présent, déployés à partir de la base de Chahbahar, modernisée en 2007, située à une centaine de kilomètres de la frontière pakistanaise.

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Sous-marin classe Kilo

Des Antonov ukrainiens à l’Iran

Le groupe ukrainien Antonov a confirmé les informations faisant état de contacts avec Téhéran concernant le biréacteur de transport An-148, pour l’acquisition d’un certain nombre d’appareils, puis une production iranienne sous licence. Ce biréacteur de transport civil a un prix moyen de 20 millions de dollars. Développé dans les années 90, l’appareil est capable d’opérer à partir de pistes sommaires. La finalisation du contrat impliquerait cependant Moscou, les industriels russes réalisant près des deux tiers des composants de cet appareil. On ne sait pas encore si l’acquisition de ces appareils est destinée à répondre aux besoins de l’aviation civile ou de l’armée de l’air iranienne. Une source industrielle rappelle néanmoins que le corps des pasdarans aligne déjà une douzaine d’An-74TK-200 aux capacités similaires. Quoi qu’il en soit, une telle acquisition permettrait de faire bénéficier les industriels iraniens de transferts de technologies non négligeables. Les soupçons concernant une utilisation militaire de ces avions sont renforcés par le fait qu’Antonov a déjà cédé au russe Voronezh Aircraft Plant un accord de licence, permettant le développement d’une version de transport militaire et de divers variantes, notamment de patrouilles maritimes et de guerre électronique.

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An-74

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