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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

16/07/2008

Merkel à Alger : Des armes contre du gaz ?

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Après avoir empêché Nicolas Sarkozy de faire cavalier seul dans l’Union pour la Méditerranée (UPM), Angela Merkel se découvre à son tour une vocation méditerranéenne. Présente à Paris pour l’inauguration de l’UPM le 13 juillet dernier, elle se trouvera à Alger les 17 et 18 juillet 2008, entourée d’une forte délégation économique, conduite par Jürgen R. Thumann, président de la puissante Fédération de l’industrie allemande (BDI) et conseiller de la chancelière pour le Maghreb.

A côté de discussions sur la construction d’infrastructures ou de transfert de technologie dans les énergies renouvelables, le cœur du programme des rencontres entre Mme Merkel et M. Bouteflika concernera le développement des livraisons de pétrole et surtout de gaz de l’Algérie à l’Allemagne et, dans le sens inverse, la livraison de matériel de défense militaire allemand, tant pour l’armée que pour la police. Selon Eckart von Unger, responsable du département Afrique du nord au BDI, interviewé par le quotidien d’Oran (10.7.2008), le matériel en question pourrait concerner la livraison de frégates et de véhicules blindés pour l’armée et la police : « Si nous arrivons à nous entendre avec les responsables algériens, nous prêts à monter en Algérie des usines de construction de ce genre de véhicules », a-t-il déclaré. Jusqu’à présent, les relations germano-algériennes dans le domaine de l’armement sont peu développées et se limitent à la fourniture de pièces de systèmes d’armement ou de systèmes de détection infrarouge pour le combat de nuit.

Par ailleurs, sur le plan énergétique, l’Allemagne ne se situe qu’au 13ème rang des acheteurs de pétrole et de gaz de l’Algérie. L’Allemagne, très dépendante du gaz russe, ne demande donc qu’à développer les échanges avec l’Algérie. En cela, Mme Merkel s’inscrit dans la ligne qu’avait initiée Gerhard Schröder à l’occasion d’une tournée inédite dans plusieurs pays du Maghreb en 2004. En 2006, c’est Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères, qui avait déclaré vouloir faire de l’Algérie le « deuxième pilier de l’approvisionnement gazier allemand ». En 2007, c’est enfin le général Wolfgang Schneiderhan, patron de la Bundeswehr, qui avait étape à Alger. Plus concrètement, EON Ruhrgas, n°1 allemand du gaz, a ouvert un bureau à Alger au début du mois de juin 2008 afin de mettre en place une coopération avec le producteur algérien national, la Sonatrach. Evidemment, les velléités allemandes ne laissent pas les russes insensibles.

Moscou est en effet la premier fournisseur d’armes de l’Algérie et le premier fournisseur de gaz de l’Allemagne. Gazprom, déjà très intéressé par les réserves énergétiques libyennes, l’est aussi par les réserves algériennes. C’est ainsi à Alger que le géant russe à ouvert son premier bureau africain, en juin 2006, avant de signer, en août 2006, un Memorandum of understanding avec la Sonatrach en vue de l’exploration et de l’exploitation de nouveaux champs gaziers. Dans ce contexte, les résultats de la visite de Mme Merkel, qui entend également négocier un accord de coopération entre les services de renseignements des deux pays, ne devraient pas manquer d’intéresser Paris.

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