TTU

Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

drapeauanglais

Lettre d'informations stratégiques et de défense

Israël: la guerre d'usure des islamistes

22/10/2008

tfisa2 matara01

La guerre d'usure des fondamentalistes contre Israël a un nom: «Mouqawama», la résistance en Arabe.

crédits: ministère des affaires étrangères israélien

Les responsables militaires israéliens sont à la recherche d’une nouvelle stratégie. Objectif : trouver une parade à la méthode de «destruction lente» adoptée par l’Iran, la Syrie et les différents mouvements islamistes qui visent à «user» la capacité de résistance de l’Etat hébreu pour le détruire en fin de compte. Le Hezbollah, qui a utilisé cette stratégie avec succès durant la guerre de l’été 2006, lui a donné un nom : «Mouqawama», la résistance en Arabe.

Dans sa version actuelle, cette stratégie a identifié trois points faibles d’Israël : les civils, la sensibilité de l’opinion publique aux pertes civiles et militaires, ainsi que la vulnérabilité des dirigeants politiques israéliens aux pressions exercées par l’opinion publique internationale, les familles de soldats enlevés et les médias. Cette stratégie tient compte de l’avantage de l’armée de l’air israélienne ainsi que des capacités de manœuvre et d’offensive des forces terrestres, tout comme de l’efficacité des services de renseignements.

En tenant compte de tous ces facteurs, la stratégie de la Mouqawama tend à privilégier les roquettes tirées à partir de centaines de sites cachés, notamment au sein de localités civiles, dont le but principal est de perturber la vie quotidienne et de placer la population israélienne en situation de stress permanente. Pour compléter le tout, le Hezbollah, mais aussi, dans une moindre mesure, les islamistes palestiniens du Hamas tentent de se procurer des armes antiaériennes telles que des radars ou des roquettes sol-air ou antichars, tout en établissant un réseau dense de tunnels et de fortifications destiné à empêcher une progression rapide des forces terrestres israéliennes et à faciliter des attaques suicides, des enlèvements de militaires afin de miner le moral des civils.

L’idée est d’épuiser peu à peu Israël. Le programme nucléaire iranien a un rôle essentiel dans cette stratégie. Les experts israéliens estiment que les Iraniens n’utiliseront pas cette arme dans les prochaines années de crainte de représailles massives israéliennes et américaines. Mais le fait que Téhéran puisse disposer d’un arsenal nucléaire devrait permettre aux mouvements islamistes ainsi qu’à la Syrie de disposer d’une plus grande liberté de manœuvre dans la mesure où les capacités d’Israël à riposter seraient moindres, tout en accentuant le sentiment de vulnérabilité de la population civile. Face à l’ensemble de ces défis, l’état-major hésite, pour le moment, sur la conduite à suivre, tout en reconnaissant que, sur le plan militaire, une organisation telle que le Hezbollah est plus dangereuse actuellement que les armées conventionnelles arabes.

Les leçons de la guerre de 2006

L’état-major israélien n’en finit pas de tirer les leçons des ratés de la guerre contre le Hezbollah durant l’été 2006. Lors d’un tout récent exercice d’une division dans le sud du pays, destiné à simuler une situation de guerre, des commandants de brigade d’infanterie ont fait appel à des avions de combat. Le but de l’opération était de frapper les concentrations de forces ennemies sur leur territoire en profondeur. Durant la dernière guerre au Liban, les commandants de brigade pouvaient demander l’aide d’hélicoptères pour mener des attaques, mais pas à des avions de combat, à moins d’obtenir le feu vert préalable du commandant de l’armée de l’air en service au quartier général, situé à Tel-Aviv. L’exercice visait à raccourcir cette chaîne de commandement. «La guerre au Liban a eu lieu dans un périmètre limité, alors que le théâtre du prochain confit risque d’être plus vaste. C’est pourquoi l’armée de l’air doit changer sa doctrine d’engagement et devenir apparente sur le terrain. Elle ne doit plus agir seule», a expliqué un officier.

kfirbig6jpg

Kfir israélien. Le rôle de l'armée de l'air a été critiqué dans l'échec de la guerre 2006.

crédits: Israeli mindef

bell5bigjpg
Online TTU drapeauanglais