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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Grogne au sein des forces armées indiennes
 

12/06/2008

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Parade militaire à l'occasion du "Republic Day"

crédits: Ministère de la Défense Indienne

Les officiers de l’Integrated Defense Staff (commandement interarmées), ainsi que ceux du commandement des îles Andaman et Nicobar sont réunis cette semaine à New Delhi pour discuter des progrès à réaliser dans les domaines de l’interopérabilité et des opérations conjointes. Séduits par l’expérience américaine en matière de commandement interarmées, les Indiens ont bénéficié depuis plusieurs années de nombreux échanges avec leurs homologues étasuniens, notamment dans le domaine de la planification (C2, acquisition de matériel, planification budgétaire). Soucieux de moderniser l’organisation et le fonctionnement d’une armée en plein décollage capacitaire, les responsables militaires, et notamment le Ministre Pranab Mukherjee, doivent résoudre un certain nombre de problèmes d’ordre interne.

Alors que l’Indian Army continue d’occuper une position dominante au sein des forces armées, les marins et aviateurs exigent désormais un rééquilibrage en leur faveur au niveau de la représentativité. Dans le cadre d’un important plan d’augmentation des postes d’officiers supérieurs, l’Indian Air Force et l’Indian Navy souhaitent que la répartition des 3000 postes prévus se fasse de manière « équilibrée », alors que l’Army plaide quant à elle pour la « proportionnalité » en fonction des effectifs de chaque force. Si ce dernier critère était retenu, la Marine, parent pauvre des forces armées indiennes au niveau du budget alloué et des effectifs, s’estimerait tout particulièrement lésée.

Les responsables militaires indiens vont également devoir faire face à une importante grogne du personnel, notamment des sous-officiers et des officiers intermédiaires, qui s’estiment être les laissés-pour-compte des réformes et réclament une revalorisation de leurs salaires.

Anicroches dans le renseignement indien

Les services de renseignement indiens sont aussi entrés dans une zone de turbulences. L’annonce récente de la création d’une nouvelle structure de renseignement pour compléter la Force armée spéciale, afin de contrer de nouvelles insurrections maoïstes à l’est du sous-continent, constitue, pour certains, de la poudre aux yeux. Elle vise à détourner l’attention sur le fait qu’à New Dehli, a éclaté une crise des services indiens au niveau central. On assiste, en effet, à la mise en cause des services fédéraux suite aux récents attentats sanglants à Jaipur, la capitale du Rajahstan. Le Premier ministre, Manmohan Singh, a pris la défense de ses services qui, affirme-t-il, ont empêché plusieurs attentats, ce que ne sait pas le grand public. Mais cela ne l’empêche pas de prêcher pour la création d’une organisation fédérale antiterroriste, ayant un bras dédié au renseignement et à l’action. Enfonçant le clou, son conseiller national à la sécurité, M.K. Narayanan, a reconnu que les agences fédérales ont été incapables de lancer des alertes. Venant de l’ancien patron de l’Intelligence Bureau (IB), la critique aurait dû faire mouche. Cependant, elle pourrait bien se retourner contre lui, car plusieurs officiers de l’IB et de la RAW (Research & Analysis Wing), proches du BJP, précédemment au pouvoir, laissent entendre que, dans l’affaire de Jaipur, des renseignements concernant des attentats imminents de la part du groupe Harkat-ul Jihad al-Islami (basé au Bangla-Desh) et du Lashkar-e-Toiba (basé au Pakistan) avaient bien été transmis, mais n’ont pas été pris au sérieux en haut lieu.

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