TTU

Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Industries de défense: une enquête alarmiste

7/5/2008

Disponible en ligne sur notre site, l'étude de 94 pages est intéressante à bien des égards et révèle le caractère contraignant des procédures auxquelles sont soumises les entreprises de défense. Les mesures annoncées fin décembre par le Ministre de la défense devraient venir corriger le tir.

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Etude Défense
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Une enquête, effectuée par la DGA et la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon, sur les entreprises de défense de Rhône-Alpes souligne le cadre parfois très contraignant auquel sont soumises les entreprises. Un constat qui dépasse de loin le seul cadre régional lyonnais. Deuxième région de France la plus impliquée dans le secteur défense avec 120 grandes entreprises, centre de recherches, PME, l’activité défense représente plus de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires (150 millions à l’exportation) avec une implication dans la plupart des grands programmes (Rafale, A400M...). Premier constat : la dégradation des relations avec le donneur d’ordre. Manque d’informations et de contacts avec les départements techniques étatiques... Les entreprises regrettent cette dégradation des demandes privilégiant le prix au détriment de la qualité et du service. Au final, les processus administratifs lourds contraignent les entreprises à brasser de la paperasse. Avec un climat de confiance qui s’étiole, renforcé par le fait que, pour les entreprises, les contrats deviennent difficiles à gérer : appel d’offres de plus en plus détaillé, temps de réponse raccourci... Alors que les projets défense prennent de plus en plus de temps à être lancés, ils soumettent les entreprises à des délais tendus. Autre facteur de déséquilibre : la déresponsabilisation du donneur d’ordre, qui transfert le risque sur le contractant. D’autant que pour une performance constante, les prix sont serrés, voire révisés en cours de projet. Tandis que le soutien aux PME de défense est une priorité affichée par la DGA, l’enquête révèle qu’elles sont les premières victimes de cet environnement. Fragiles, elles sont incapables d’absorber sur le long terme de telles conséquences (retard dans les paiements...). Avec un marché national qui se délite et les restrictions budgétaires, les entreprises doivent investir à l’export. Sur ce point, l’étude révèle des pratiques inquiétantes : des CIEEMG déposées en surnombre pour anticiper les délais d’hypothétiques appels d’offres, des procédures d’urgence souvent deux fois plus longue que la normale, impossibilité d’envoyer des échantillons à des clients export, pertes de demandes de CIEMMG obligeant les industriels à en redéposer... Bien adaptés à des marchés importants, les CIEMMG pressurent les petits marchés, qui, pourtant, prennent de plus en plus d’importance. Là encore, la première victime est la PME. D’autant plus que les concurrents qui viennent en France ne rencontrent pas les mêmes contraintes que les Français.

Rendu à la fin décembre, le rapport est tombé au même moment que les mesures annoncées par Hervé Morin sur le soutien aux exportations : résultats et propositions tendent à se recouper, le ministre étant au courant de la situation et ayant décidé de tout mettre en œuvre pour assainir l’avenir. En parallèle, la région Rhône-Alpes a créé un “club d’entreprises”, afin de solidariser les entreprises, notamment à l’export, et de favoriser la circulation d’informations.

Guillaume Belan

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