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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Dupuy-de-Lôme : Le “dépéhèle” sans tabous

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Admis au service actif le 23 juin 2006, le bâtiment d’expérimentation et de mesures “Dupuy-de-Lôme” est un navire qui collecte le renseignement d’origine électromagnétique, que l’émetteur appartienne au monde du radar ou des télécommunications. Il profite du statut des eaux internationales pour se mouvoir en toute sécurité jusqu’à 22 km des côtes d’un Etat. Ses dernières sorties en mer montrent un moral au plus haut. Il faut dire que les escales et le confort du bâtiment suscitent beaucoup de vocations. Il est mis en œuvre au profit de son autorité d’emploi, la Direction du renseignement militaire, par la marine nationale. Le DPL — trigramme du navire que les marins prononcent «dépéhèle» — est armé par deux équipages de quelque 70 marins chacun. Chaque équipage prend successivement le DPL en charge pendant six mois par an, dont quatre mois de mission de déploiement opérationnel. Au cours de ces missions, et en fonction de la nature de l’activité et de la zone où il est déployé, le service du navire en charge du recueil du renseignement est renforcé par une vingtaine de spécialistes provenant des trois armées. Au-delà de ses compétences opérationnelles dans le domaine du renseignement, le DPL constitue, pour la marine, une plateforme expérimentale. Ce navire comporte, en effet, des innovations particulièrement intéressantes dans la perspective du développement et de l’armement des futures frégates FREMM.
 
 
Navire à haute disponibilité — il peut techniquement être déployé 350 jours par an — et à équipage réduit, il respecte intégralement les prescriptions de la convention internationale SOLAS (Safety Of Life At Sea). Le bateau blanc est soumis, par ailleurs, à un processus d’entretien annuel de ses marques de classe, certification dont le Bureau Veritas a la charge. Sa mise en œuvre par un équipage à effectif réduit est rendue possible par l’automatisation poussée des systèmes de conduite, et grâce à un soutien industriel innovant pour la marine. Il nécessite en effet un équipage deux fois moins nombreux qu’un bâtiment classique d’un tonnage équivalent. Le maintien en condition opérationnelle du navire et de ses systèmes est ainsi assuré par deux industriels, Thales Communication et la Maritime nantaise, à travers un contrat de disponibilité dont la maîtrise d’œuvre est aujourd’hui assurée par DCNS depuis la réalisation de la convergence avec Thales Naval France. Ce contrat garantit à la marine et à son client opérationnel, la DRM, un taux d’activité du DPL de huit mois par an. L’année 2007 aura ainsi été mise à profit pour faire jouer intégralement, pour la première fois, les termes de ce contrat. A la fin décembre, le DPL aura été déployé en 2007 pendant 240 jours.
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L’emploi à terre de l’équipage non en charge du navire a également fait l’objet d’une réflexion innovante. Il partage désormais son temps entre l’exploitation en temps différé, au profit de la DRM, des données de renseignement issues de sa précédente mission, le soutien technico-opérationnelle de l’autre équipage en mer et la préparation de sa prochaine mission. C’est également la période privilégiée qui est mise à profit pour engager les indispensables actions de formation continue du personnel. Le principal défi qui se présente au “Dupuy-de-Lôme”, dans les années à venir, réside dans la capacité du ministère de la Défense de maintenir la cohérence des qualités opérationnelles de son système d’interception. En effet, confronté à un domaine des télécommunications en rapide évolution, si les moyens budgétaires permettant de financer les évolutions du système d’interception n’étaient pas régulièrement planifiés en LPM et maintenus en construction des lois de finances, le DPL serait incapable d’honorer son contrat opérationnel. Il est par ailleurs nécessaire de le faire naviguer davantage, afin d’optimiser l’emploi des RCS (rémunérations et charges sociales) consacrées à ses deux équipages. C’est pourquoi la marine et la DRM travaillent à l’augmentation du taux d’activité du navire.
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