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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Déstabilisation soudanaise |
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11/12/2008 |
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Omar el-Bachir |
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La mise en garde adressée par le Président Sarkozy à son homologue soudanais, Omar el-Bachir, au cours de la cérémonie du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, semble signifier que l’annonce officielle de son inculpation par le Tribunal pénal international pour génocide et crimes de guerre serait proche. Dès lors, les organisations internationales et les sociétés étrangères opérant au Soudan commencent à préparer l’évacuation de leurs personnels. Les responsables des organisations onusiennes présentes au Soudan se seraient réunis en Tunisie pour mettre au point les préparatifs dans cette éventualité. Le gouvernement soudanais avait menacé, plus d’une fois, d’expulser les personnels des organisations internationales, si Omar el-Bachir était inculpé. Mais les Occidentaux craignent surtout un changement d’attitude du Parti du congrès national (au pouvoir à Khartoum) à l’égard des accords de paix (CPA) avec le SPLA. Omar el-Bachir aurait indiqué au premier vice-président soudanais qu’il gèlerait l’application des accords, au cas où il serait inculpé, ce qui relance les craintes d’une reprise des violences dans le Sud. Des craintes renforcées par le déploiement de trois brigades de l’armée soudanaise dans l’Etat du Kordofan méridional, soit à la limite entre le Nord et le Sud. Même si ce déploiement est officiellement motivé par la crainte d’une offensive du Mouvement pour la justice et l’égalité, du Darfour, il a ravivé les craintes de nouveaux affrontements entre le Nord et le Sud, notamment dans la zone d’Abyei, riche en pétrole, à l’image de ce qui s’est produit en mai dernier. Et concernant le Darfour, les ONG actives dans cette région craignent que Khartoum ne profite de leur départ pour imposer sur le terrain une “solution” en sa faveur. La situation pourrait donc devenir irréversible au Darfour ou en tout cas conduire à la poursuite du conflit. Par ailleurs, l’hypothèse d’une “révolution de palais” à Khartoum apparaît crédible, à la lumière des forces en présence. A cet égard, l’armée n’est plus le seul acteur. La dernière opération “bras long", à Omdurman, a montré que le pouvoir soudanais s’appuyait sur les Forces d’intervention spéciales, dépendant des services de sécurité soudanais. D’aucuns estiment que la fidélité au Président Bachir du chef des services de sûreté et de renseignement, le général Salah Abdallah, n’est pas inconditionnelle. Cet homme fort du régime, que certains comparent à son homologue égyptien, le général Omar Suleiman, a davantage le profil du Tunisien Zineddine Ben Ali, qui a fini par évincer Bourguiba. Des tensions sont d’ailleurs apparues récemment entre l’armée soudanaise et les services de sécurité. Sans compter que le SPLM dispose de forces dans la capitale, intégrées dans les “Joint Integrated Units”, avec l’armée régulière. A cela s’ajoutent la présence d’hommes armés du Front de l’est, intégrés au sein des forces de sécurité, et des forces rebelles du Darfour, à l’ouest. Menacé, d’une part, par le scénario du putsh et, d’autre part, par celui du chaos sécuritaire, le Président Bachir devrait procéder à des remaniements au sein de l’équipe dirigeante. Des pressions s’exerceraient pour qu’il écarte le vice-président, Ali Othman Mohammed Taha, en prétextant de son mauvais état de santé. Ce départ pourrait ouvrir la voie à celui du ministre des Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, ce qui permettrait l’application de l'article 16 des statuts de la Cour pénale internationale (suspension de la procédure contre Bachir pendant un an). |
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