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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Darfour : fermeté française

22/10/2008

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Une gazelle de l'EUFOR

crédits: Ministère de la Défense / ECPAD

La visite à Paris, début octobre, de la délégation soudanaise conduite par l’assistant du président Omar al-Bachir, Nafeh Ali Nahef, accompagné du chef des services de renseignements (NSIS), le général Salah Abdallah (Goch), et du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Moutref Siddik, a été pavée d’embûches.

La délégation s’est vu délivrer un discours unique, plus ferme que dans le passé, de la part du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Les Français ayant refusé d’évoquer les dossiers de coopération bilatérale, les discussions se sont limitées à trois sujets : la crise du Darfour, le tribunal pénal international et les relations soudano-tchadiennes. Outre les quatre conditions posées par le président Sarkozy lors de sa conférence de presse à New York, en marge de l’assemblée générale des Nations Unies, Paris estime qu’il est nécessaire de séparer le dossier du Darfour de la demande d’une résolution du Conseil de sécurité (selon l’article 16 du statut de la TPI) pour différer d’un an les poursuites contre le président al-Bachir.

En outre, la diplomatie française a refusé, comme le souhaite Khartoum, de jouer un rôle d’intermédiaire entre le Soudan et le TPI, et de faire office de “lien indirect”. Pour la France, la médiation qatarie ne doit pas se faire aux dépens du rôle du médiateur commun des Nations unis et de l’Union africaine, Djibrill Bassolé. Ce dernier devrait, en effet, jouer un rôle central dans les prochaines négociations de Doha, afin de donner des gages à l’administration américaine.

Seul point positif pour la délégation soudanaise : les Français ont demandé au chef du Mouvement de libération du Soudan, (SLM) Abdel Wahed Mohamed al Nour, de rencontrer le général Salah Abdallah. Mais c’était sans compter avec le refus du premier, ce qui a mis Paris dans l’embarras, d’autant que c’est la première fois que Khartoum ne demande pas à la France d’expulser Nour. Concernant les relations soudano-tchadiennes, la diplomatie française a demandé à Khartoum d’intervenir auprès des opposants tchadiens pour qu’ils s’abstiennent de toute nouvelle offensive militaire à la fin de la saison des pluies.

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De même, Paris aurait adressé un message au président Idriss Deby, afin que ce dernier empêche aussi le Mouvement justice et égalité (JEM) de passer à l’offensive. Mais alors que Khartoum est en mesure d’imposer sa volonté à l’opposition tchadienne, le président tchadien ne dispose pas des mêmes moyens de pression sur le chef du JEM, Khalil Ibrahim.

Idriss Deby

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