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- Le ministère estonien de la défense a nommé, en février, l’ancien représentant militaire (milrep) du pays balte au siège de l’Otan pour le conseiller dans les questions de cyberdéfense. Rentré de Bruxelles en décembre, le général Johannes Kerts aura notamment pour tâche de veiller, côté estonien, à la mise sur les rails du « centre d’excellence » sur le sujet que l’Otan a décidé d’installer à Tallinn. Il aura pour mission d’améliorer l’interopérabilité et les capacités de l’Alliance face aux cyberattaques, de tester et de développer une doctrine commune et de valider des concepts par le biais d’expérimentations, selon un document officiel estonien.
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- Le principe d’une localisation à Tallinn a été avalisé par les ministres des affaires étrangères des pays membres de l’Otan, le 8 février à Vilnius. Il devrait être approuvé formellement lors du sommet de Bucarest. Les pays ayant fait part de leur volonté de participer au futur centre sont actuellement au nombre de quatre : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Lettonie, alors que les Etats-Unis ont le statut d’observateur. « D’autres pays vont nous rejoindre », assure le général Kerts. Le milrep de Belgique est attendu prochainement à Tallinn pour étudier le dossier. La Norvège, l’Islande et la Bulgarie sont également intéressées.
- Quant à la France, dont la participation est souhaitée par Tallinn, elle n’a pas encore donné sa réponse. Paris n’est pas chaud à l’idée de voir l’Otan se transformer en cyberpolice internationale. Le général Kerts, lui, n’exclut pas une telle évolution, même s’il est d’accord avec le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, pour dire que la cyberdéfense relève d’abord de la « responsabilité des Etats ».
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- Les pays qui participeront au « centre d’excellence » de Tallinn devraient signer un protocole d’accord en mai. D’ici la fin de l’année, l’Estonie estime que le centre aura obtenu le statut d’organisation militaire internationale opérant sous la coordination du QG du SACT (Supreme Allied Commander Transformation) de l’Otan. La cellule, qui comptera initialement une trentaine d’experts (dont la moitié d’étrangers), sera installée dans les locaux du Centre d’entraînement en technologies de l’information et en communications des forces armées estoniennes. Elle sera dirigée par un Estonien, le lieutenant-colonel Ilmar Tamm, actuellement stationné au QG des forces terrestres de l’Otan à Heidelberg. Son budget n’a pas encore été fixé.
- Dans ses anciennes fonctions, le général Kert avait fait du lobbying pour la localisation de cette cellule dans l’ex-répubique soviétique, devenue membre de l’Otan en 2004. Dès cette époque, l’Estonie avait mis en avant ses compétences dans le domaine des nouvelles technologies pour « essayer de contribuer à la sécurité collective et à celle de notre Etat », explique l’ancien commandant en chef des forces estoniennes (1996-2000).
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- Ces compétences ont été mises à rude épreuve lors des cyberattaques ayant visé l’Estonie en avril et mai dernier. Pendant trois semaines environ, les sites du gouvernement, de la présidence, de partis politiques, de banques, d’opérateurs téléphoniques et de journaux ont subi des vagues d’assaut visant à les paralyser. Elles avaient suivi le déplacement par le gouvernement estonien d’une statue de soldat de l’armée Rouge d’un point à l’autre de Tallinn, considéré comme « blasphématoire » par Moscou et une partie des minorités russophones d’Estonie. Plusieurs Etats avaient alors porté assistance au pays balte : « la France et les Etats-Unis en premiers », note le général Kerts.
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- « Si je savais où l’envoyer, j’écrirais bien une lettre de remerciements » à ces cybercriminels, sourit l’officier sous sa moustache. Car, à entendre les Estoniens, leur dossier en vue d’accueillir le « centre d’excellence » a bénéficié de la publicité faite alors à ce nouveau phénomène. Tallinn explique aussi avoir tiré des leçons dans la manière de réagir à ces attaques. Elle est persuadée que les autorités russes en sont en partie responsables mais est bien en peine de le prouver, en raison de la difficulté de tracer l’adversaire sur Internet.
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- Pour TTU, Antoine Jacob, journaliste
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