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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

L'envol de l'aéronavale chinoise

30/09/2008

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Le Shilang, ex-Varyag russe, sera le premier porte-avions chinois. Il devrait servir à l'entrainement.

Premier porte-avions pour 2012?

La Chine souhaite admettre son premier porte-avions au service actif, dès 2012. Il s’agit du bâtiment russe Varyag, de classe Kiev, rénové et adapté. Ce porte-avions ne devrait servir qu’à l'entraînement des équipages, avant la mise en service de trois porte-avions, cette fois "100 % made in China", qui doivent être construits dans les dix ans à venir.

Le premier porte-avions chinois, rebaptisé le “Shilang”, a été transféré à l’Académie navale de Dalian pour servir de base d’instruction. Les chantiers russes avaient construit les deux tiers du bâtiment avant de le vendre à une société basée à Macau (pour officiellement en faire casino flottant...), sans système de propulsion. La rénovation de la coque et des structures ainsi que l’installation de divers systèmes sur le Varyag semblaient stoppés depuis 2006, en raison, selon certaines sources, de la difficulté de trouver avec Moscou un accord sur la fourniture d’équipements et d’une nouvelle motorisation. La marine chinoise souhaite l’équiper d’une propulsion nucléaire développée en local, pour le rendre opérationnel en 2012, année durant laquelle la marine indienne devrait recevoir le “Gorshkov” et ce après de nombreux reports.

Il semble que Pékin souhaite désormais accélérer le lancement des travaux d’un premier porte-aéronefs national, jaugeant entre 50000 et 60000 tonnes, probablement inspirés du Varyag russe, avec pour objectif la réception d’une première unité au sein de la flotte chinoise en 2015. Ce bâtiment devrait pouvoir mettre en oeuvre 30 à 40 avions grâce à deux catapultes à vapeur. Selon certaines sources, l’objectif est, à terme, de disposer de deux porte-avions, et l’APL souhaiterait se doter d'ici 2020 d'un porte-aéronefs à propulsion nucléaire de 93 000 tonnes, inspiré lui du projet soviétique Ulyanovsk.

La production des porte-aéronefs chinois doit être confiée aux chantiers navals de Jiangnan Shipyard, filiale de China State Shipbuilding Corp (CSSC), dont le site vient d’être transféré sur l'ile de Changxing, face à Shanghai. Les nouvelles installations, d’un coût de près de 3,5 milliards de dollars, permettent notamment de disposer de fond plus profonds pour la mise à l'eau de navire de fort tonnages. Opérationnel depuis cet été, le site, qui doit encore être agrandi, compte une dizaine de quais, quatre cales sèches dont une de 580 mètres de long sur 120 de large, largement suffisante pour la construction d’un porte-avions.

Les analystes du domaine soulignent que la Chine a cependant du retard à combler pour être à niveau des composantes aéronavales occidentales ou même indienne. Mais la marine chinoise ne manque pas d'ambitions et apprends vite. Avec le programme de sous-marins nucléaires et son intention de mettre en œuvre une flotte de porte-avions, Pékin souhaite affirmer sa présence en Asie du Sud-Est et dans l’océan Indien.

 

La composante aérienne chinoise

Une cinquantaine d'élèves pilotes chinois viennent de débuter une formation de quatre ans à l'académie navale de Dalian, afin de constituer une première promotion de pilotes embarqués. L’annonce de cette première « promotion » d’élèves pilotes de l’aéronavale chinoise semble confirmer la reprise du chantier de rénovation du Varyag, qui devrait servir de navire d’instruction aux futurs pilotes chinois.

Si l'aéronavale chinoise dispose encore d’un peu de temps pour déterminer quels seront ses futurs appareils, l’annonce par Moscou du remplacement, à partir 2016, des Su-33 du Nikolai Kuznetsov et les projets russes de construction de plusieurs porte-aéronefs devrait influencer les futurs choix de l’état-major chinois, qui pour l’heure, à l’instar de la marine russe pourrait avoir à choisir entre les variantes du Su-27KUB et du MiG-29K. Fait intéressant : la firme russe Sukhoi a ouvert, il y a peu, une antenne en Chine.

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