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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Le Gripen secoué par des histoires de pots-de-vin

02/07/2009

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Crédits: FMV

La décision d'un procureur suédois de clore l'enquête sur le versement présumé de pots-de-vin, dans le cadre de ventes de l'avion JAS Gripen à l'export, fait des vagues dans le royaume comme à l'étranger. Le 16 juin, le procureur en chef Christer van der Kwast, a annoncé qu'il devait classer le dossier, en dépit de certains éléments.

Selon lui, l'enquête a montré que BAE Systems, allié à Saab dans ce projet industriel, avait effectué « d'importants paiements dissimulés » en relation avec la vente de l'avion de combat à l'Afrique du sud (26 unités), à la République tchèque (14) et à la Hongrie (14). « Mais les éléments disponibles ne me permettent pas de certifier qu'un quelconque représentant de Saab AB ou de Gripen International ait intentionnellement contribué à ce que BAE ait, d'une manière contrevenant à la loi suédoise, versé des pots-de-vin après le 1er juillet 2004 ». Un délit de ce genre commis avant cette date serait prescrit, selon la loi du royaume.

L'enquête avait été ouverte après des informations diffusées en 2007 dans une enquête de la télévision publique suédoise (SVT). Le 10 juin, celle-ci est revenue sur le dossier en affirmant qu'un rapport confidentiel des autorités antifraudes britanniques (Serious Fraud Office) en avait conclu que des pots-de-vin avaient bien été livrés. Interrogé par ce même média, Christer van der Kwast est revenu sur sa décision du 16 juin, prise le jour de son départ à la retraite : « C'est très sérieux, tant par le côté systématique des paiements que par leur importance. Il s'agit de centaines de millions de couronnes [1 euros = 11 couronnes suédoises] en paiements virés de manière secrète dans plusieurs pays ». Mais le procureur a « estimé qu'il ne pouvait pas prouver » l'implication de représentants de Saab, après en avoir entendu une trentaine.

Si la firme s'est félicitée de la décision, la controverse a pris de l'ampleur lorsque le procureur van der Kwast a indiqué qu'il n'avait disposé que d'un enquêteur pour effectuer son travail sur ce dossier. « Cela pose la question de savoir si les autorités suédoises ont la capacité de mettre en application la convention de l'OCDE contre la corruption », qu'elles ont signée avec près de 40 autres Etats, a déclaré Mark Pieth, président du groupe de travail de l'OCDE sur la corruption, à la radio publique (SR). La section suédoise de Transparency International a dénoncé le manque de ressources allouées à ce dossier. De son côté, Svenska Freds, une organisation pacifiste suédoise, a porté plainte contre la Direction de la police nationale pour n'avoir pas déléguée plus de moyens au dossier JAS.

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