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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

Systèmes aériens: la Chine impose ses copies

24/02/2009

Le J-11 (Su-27)

Non contraint par les limitations à l'export qui s'imposent aux industriels des pays occidentaux, les systèmes de défense chinois s'imposent dans de nombreux pays. Avec des prix d'acquisitions faibles, pour bien vendre, l'industrie de défense chinoise n'a aucun état d'âme. Contre-partie de cette politique très volontariste, certains pays se froissent... Enquête sur certains systèmes de défense aérien.

 

Du Su-27 au J-11

La Chine a longtemps été dépendante de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie pour la maintenance de ses avions. Pékin a été le premier pays non post-soviétique à acheter des Su-27 : le premier lot de Flanker a été commandé le 14 juin 1990, ce lot comprenant 18 Su-27SK (monoplace) et 4 Su-27UBK (biplace). Les 12 premiers chasseurs, dont les 4 biplaces, furent livrés en juin 1992, le reste du lot commandé fut livré en novembre de la même année avec en plus des Su-27SK et des Su-27UBK. Selon l’expert russe Konstantin Makienko, entre 2000 et 2004, 100 Sukhoï (Su-27 et Su-30) ont été exportés en Chine.

Mais cet âge d’or semble, aujourd’hui, révolu. Les Chinois ne se contenteraient plus seulement d’assurer seuls le soutien et la modernisation de leurs appareils sinisés. Le Su-27 est devenu le J-11. Des discussions seraient engagées avec la Malaisie pour des J-11 (Su-27) et sur le continent africain, les pays disposant de MiG-21 étant également systématiquement démarchés. Des observateurs militaires avancent qu’à l’avenir la Chine proposera également ses services aux pays utilisateurs de MiG-29, doublant la société russe d’exportation d’armement Rosoboronexport.

Les ambitions commerciales chinoises devraient peser sur le dialogue entre Pékin et Moscou, déjà tendu en raison des contrefaçons chinoises et d’une relative dépendance de la Russie envers la Chine dans le commerce de détails. Une amorce de réponse à l’offensive chinoise semble se dessiner en Russie : il n’est pas impossible que les pays dont les plates-formes made in Russia intègrent des systèmes et des composants étrangers non prévus par le constructeur se voient refuser l’accès à des prestations de maintenance et de revalorisation.

 

Bientôt leader sur les missiles?

En Occident, l’offensive chinoise menée au Pakistan pour y vendre des systèmes d’armes (missiles SSM et SAM...) inquiète. Le risque de prolifération est patent, alors que la capacité “occidentale” à proposer des produits concurrents pour, éventuellement, contrôler le marché reste faible. La raison en est simple. Les ventes d’armes des pays occidentaux sont contraintes par des règles internationales. La Russie elle-même s’impose des limites, puisqu’elle ne propose pas à la vente — officiellement — de systèmes pouvant atteindre une cible supérieure à 300 km (au moins jusqu’à ce que la présence de S-300 en Iran soit établie...).

De son côté, la Chine ne s’interdit rien : CPIMEC offre son lance-roquettes multiples A100 et Norinco son AR2. Pour ce qui est des SAM, le QW1 chinois est déjà en service au Pakistan, en Malaisie et en Indonésie. En 1999, c’est ce système qui aurait permis aux Pakistanais d’abattre un MiG-27 indien. Autres exemples : le FN6 a été exporté en Bolivie et au Soudan, le QW3 a été livré à Jakarta et le QW2 à Karachi. En Chine, d’autres systèmes sont en développement, des variantes du HQ16, HQ17 et HQ18. Ces dérivés devraient confirmer le statut de fournisseur principal des Chinois à l’export sur le segment SAM (surface to air missile). Concernant les systèmes SSM (missiles sol-sol), les ambitions chinoises existent aussi. Le C802 a été vendu aux marines iranienne, algérienne, pakistanaise, indonésienne, thaïlandaise et birmane. Sa popularité est assurée depuis qu’il a touché un bâtiment de la marine israélienne en 2006. Sa version air-sol aurait un rayon d’action de 250 km contre 180 km pour la version “navale”.

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Hermes et son double chinois

L'institut de recherche et de dessin aéronautique de Chengdu a testé, à la fin 2008, un drone qui est la copie conforme du système Hermes 450 (Elbit Systems), utilisé notamment par Israël lors des dernières guerres au Liban et à Gaza (autonomie de vingt heures pour la reconnaissance et la surveillance au sol).

À plusieurs reprises, par le passé, la Chine avait obtenu des drones et leur savoir-faire via Israël. Au début de la décennie, il s'agissait d'un accord avec IAI. En 2005, s'étaient réalisées d'autres transactions en relation avec la firme EMIT (réalisatrice des modèles «Butterfly», «Sparrow»...). Les Chinois avaient alors monté une compagnie écran en Asie du Sud-Est pour gérer ces contrats, pour éviter, semble-t-il, les récriminations des Américains à l'encontre de Tel-Aviv. Cette fois, Washington n'aura pas à faire les gros yeux aux Israéliens. Selon nos informations, c'est en réalité à partir des achats des Hermes qui équipent la défense de Singapour qu'ils auraient réussi à copier le Hermes à la mode chinoise. Affaire à suivre...

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Le drone israélien Hermes 450

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