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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

A400M : dépasser les turbulences

19/01/2010

A400M

crédits: Airbus military

Avec un engagement des pays participants à commander 180 avions et des perspectives à l’export de 400 avions (Asie, Amérique du Nord...), un programme militaire ne pouvait pas mieux partir.

Pourtant, l’A400M est passé par des caps difficiles. Après des retards, grand classique de l’aéronautique civile et militaire, les trois premiers prototypes sont réalisés et le premier essai en vol a lieu en décembre. Toute chose étant égale par ailleurs, le C-17 a été livré quatorze ans après son lancement, et quinze ans pour le Rafale et l’Eurofighter. Quant au JSF, il accuse un retard de quatre ans et un surcoût à l’unité de 40 millions de dollars, ce qui ne suscite guère l’émotion chez les Etats clients, dont certains participent à l’A400M, comme le Royaume-Uni.

L’avenir de l’A400M est désormais entre les mains des pays participants, qui se réunissent à Londres vendredi. Sans l’industriel, la réunion doit débattre de l’avenir autour de trois questions : les pénalités de retard, le surcoût et le nouveau calendrier. Louis Gallois a demandé une décision avant le 31 janvier, faute de quoi EADS prendra ses responsabilités en arrêtant un programme qui coûte 144 millions d’euros par mois (10 000 emplois de sous-traitants menacés).

Le contrat initial avait été signé en 2001, mais le contrat définitif ne l’a été qu’en 2003, en raison du Parlement allemand, pour une première livraison en 2009 ! Dans la signature de ce contrat, il y a eu trois erreurs. D’abord, l’industriel avait accepté un prix fixe pour un programme ayant des sauts technologiques majeurs. Ensuite, EADS avait eu le tort d’accepter sous la pression de baisser le prix d’environ un milliard d’euros. Enfin, la dernière erreur fut d’avoir imposé l’organisation industrielle du programme. L’exemple du moteur Snecma est révélateur. EADS voulait choisir un moteur sur étagère (Pratt & Whitney), mais le Président Chirac a poussé le nouveau moteur de Snecma, Londres voulant, de son côté, imposer Rolls Royce, avec MTU (Allemagne) comme sous-traitant. Un montage complexe qui explique l’essentiel du retard.

La Malaisie et la Turquie sont ceux qui poussent le plus le programme. L’Afrique du Sud, malgré l’annulation de son engagement, aurait décidé de maintenir sa participation industrielle au travers de Denel. 

EADS demande d’annuler les pénalités de retard, la date de la première livraison n’étant pas tenable. Pour le surcoût, EADS a déjà avancé 2,5 milliards d’euros et demande un engagement ferme des Etats pour le reste (entre 7 et 10 milliards).

Compte tenu des demandes technologiques de quelques pays participants, on s’achemine donc vers un premier avion standard 1, avion de base pour tous, pour ensuite développer un standard 2 prenant en compte les spécificités de chaque pays.

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