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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Les djihadistes font leur “retour d’expérience” |
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18/05/2009 |
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Plusieurs blogs et forums djihadistes ont récemment mis en ligne des documents sur les techniques de contre-interrogatoires et d’actions clandestines. L’un d’entre eux est tiré de la lettre électronique Sada al Malahim (Echo des épopées) publiée par Al-Qaida au Yémen. L’article intitulé “Triompher des interrogateurs” présente les diverses contraintes psychologiques et physiques utilisées par les services de renseignement lors des interrogatoires et les moyens d’y résister. Les détenus se voient notamment conseillés de faire des réponses courtes, afin de ne pas dévoiler des informations ou de “se couper” dans leurs déclarations. Le document met l’accent sur la préparation des combattants à la captivité et la nécessité de disposer d’une “légende”, afin de dissimuler leur rôle au sein d’un réseau djihadiste ou tenter de le minorer. De fait, il apparaît que les services américains ont parfois échoué à identifier certains de leurs détenus de Guantanamo. Le mollah Abdullah Zakir, l’un des actuels responsables des opérations contre les forces britanniques dans le sud de l’Afghanistan, a ainsi été capturé en 2001 et détenu dans le camp de Guantanamo sous l’identité d’Abdullah Ghulam Rasoul, avant d’être transféré aux autorités afghanes à la fin 2007, puis relâché en 2008, aux côtés de plusieurs autres responsables, qui ont également rejoint les insurgés. Son transfert a été décidé par les services américains, qui, au terme des interrogatoires, ont jugé qu’il ne représentait pas une menace. Or, selon une source britannique, l’homme occupait pourtant des fonctions importantes auprès du mollah Omar et assurait notamment le commandement militaire taliban dans la province de Thakar. Au regard des rapports d’interrogatoires, il apparaît que le mollah Zakir a toujours minimisé son rôle et dissimulé avec succès, face aux enquêteurs américains, ses sentiments profonds concernant la situation en Afghanistan. Par ailleurs, un autre document, rédigé à la mi-mars par un islamiste caucasien sous le pseudonyme d’Abou Anas Khacharoï (www.hunafa.com), et déjà traduit en anglais sur plusieurs sites, s’appuie sur les expériences des combattants salafistes dans le Caucase et en Ingouchie pour en tirer des enseignements opérationnels. Ce document met notamment en garde contre les recrutements via les forums djihadistes, présentés comme fréquemment surveillés par les services de renseignement, voire même sous leur contrôle. L’auteur de ce document, qui évoque de nombreux aspects du djihad dans des zones étroitement contrôlées par des forces de sécurité, préconise la dissimulation des signes extérieurs de la foi salafiste, sur le modèle chiite. Abou Anas recommande ainsi de supprimer tous les signes religieux extérieurs et de se tenir à l’écart des mosquées, potentiellement surveillées par les services de renseignement. Fatwa à l’appui, il conseille également aux femmes des combattants salafistes de renoncer au port du hijab et du jilbab, afin de ne pas attirer l’attention des autorités. Par ailleurs, l’auteur souligne le rôle prépondérant du renseignement technique et électronique dans les succès des services de sécurité contre les groupes djihadistes. Fort de l’expérience face au FSB russe, il prône la prudence concernant la diffusion d’images et de vidéos sur Internet, qui doivent être expurgées de tout élément permettant d’identifier leur auteur, et rappelle les conseils concernant l’utilisation des téléphones mobiles et la mémoire des cartes SIM. La publication d’une seconde note par Sada al Malahim sur la dissimulation à l’égard des programmes de réhabilitation, tels que ceux menés par l’Arabie Saoudite, est déjà annoncée sur certains forums. A noter que Riyad recherche une dizaine d’activistes saoudiens, anciens de Guantanamo, qui avaient été renvoyés dans leur pays entre 2005 et 2007 pour suivre ces programmes de réhabilitation, avant de regagner finalement la clandestinité. Signe de l'effort des groupes islamistes pour diffuser des “retours d'expériences” auprès de leurs militants : il y a quelques mois déjà, Sada al Malahim avait publié un article concernant les leçons opérationnelles de l’attaque contre l’ambassade américaine à Sanaa, en septembre 2008. |
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