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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Israël: un "dôme de fer" controversé |
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26/01/2010 |
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Crédits: Rafael |
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Le ministère israélien de la Défense va très rapidement débloquer des crédits pour financer le déploiement de sept batteries de « Dôme de fer » pour les deux prochaines années. La première batterie équipée de quatre lanceurs sera utilisée le long de la bande de Gaza d’ici à cet été. L’armée israélienne a par ailleurs créé un nouveau bataillon pour opérer le système qui dépend de l’armée de l’air. Des prototypes de « Dôme de fer » ont d’ores et déjà été fourni à ce nouveau bataillon pour assurer son entrainement. Le coût estimé des sept batteries devrait s’élever à 250 millions de dollars, cette somme comprend des centaines d’intercepteurs. Ce projet de missile anti-roquettes avait été approuvé par le gouvernement israélien en 2008, suite à la multiplication des tirs de roquettes palestiniennes depuis la bande de Gaza. « Dôme de fer » est un système comprenant un radar détecteur de départ-missile et de missiles intercepteurs de type « Tamir ». Ce système doit être en mesure d’intercepter les roquettes Qassam, Grad, ainsi que les Katioucha, très utilisées par le Hezbollah en 2006. Les Etats-Unis semblent très intéressés par ce système, qui pourrait leur servir en Afghanistan et en Irak. Une délégation militaire américaine est, d’ailleurs, attendue dans les prochaines semaines pour examiner de près le potentiel de “Dôme de fer”.
Doutes Cependant le nouveau système de défense anti-roquettes israélien, suscite de nombreuses interrogations. Cet équipement a réussi, jusqu’à présent, tous les tests. Mais son coût risque d’être prohibitif. Le prix de chaque batterie est en effet estimé à 14 millions de dollars. Or, il faut deux de ces batteries pour protéger une ville moyenne contre des obus de mortiers tirés d’une distance de plus de 4,5 km et des roquettes pouvant atteindre une portée de 70 km. Le prix de chaque missile intercepteur devrait, selon les experts, être compris entre 30 000 et 40 000 dollars, alors que les roquettes Grad coûtent 1 000 dollars pièce, les Qassam une centaine de dollars et les obus de mortiers entre 500 et 700 dollars. Les concepteurs du projet objectent que le radar Elta, équipant le système, permet d’identifier la trajectoire de la roquette ou de l’obus et de ne viser ainsi uniquement les projectiles menaçant les zones habitées. Prudent, le ministre de la Défense, Ehud Barak, souligne que le déploiement du système prendra du temps et que la couverture ne sera pas parfaite. Selon lui, «personne ne doit s’illusionner et penser que la menace est derrière nous». Beaucoup plus sévères, des experts et des responsables du ministère de la Défense, hostiles au projet, dénoncent le fait que les groupes palestiniens et le Hezbollah libanais sont en mesure de tirer des centaines d’engins et d’épuiser ainsi rapidement les stocks de roquettes antiroquettes du système. De plus, ajoutent-il, le système ne serait pas capable de défendre la zone proche de Gaza. Une roquette Qassam tirée de Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, met 14 secondes pour atteindre la ville de Sderot, alors que “Dôme de fer” a besoin de 30 secondes pour une interception. En d’autres termes, cet équipement ne peut protéger une zone située à moins de 4,5 km de Gaza. Plus grave encore : les derniers modèles plus puissants de Qassam et de Grad sont trois à quatre fois plus rapides que les précédentes roquettes, si bien que la distance minimale nécessaire pour une interception réussie s’élève à 12, voire 16 km. “Dôme de fer” ne pourra donc pas protéger une grande ville comme Ashkelon, soulignent les détracteurs du projet. |
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