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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Liban: renaissance de l'armée de l'air |
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23/02/2009 |
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L'offre russe de MiG-29 contestée Le don par Moscou de dix MiG-29 à Beyrouth marque une renaissance de l’armée de l’air libanaise, qui, depuis la vente de ses Mirage III au Pakistan, en 1999, ne possédait plus, en effet, d’aviation de combat. Ses vieux Hawker Hunter ne sont en effet plus opérationnels, même si l'armée a récemment réussi à remettre en état six appareils de ce type (datant de 1959) et à les faire voler lors de la fête nationale du 22 novembre 2008. Longtemps, l’état-major a fait part de son intérêt pour l’acquisition de F-16 américains, mais l’opposition de Tel-Aviv n’a pu faire aboutir ce projet. Selon des sources locales, Washington s’était montré disposé à livrer des hélicoptères de combat de type Cobra, mais l’armée libanaise les aurait refusé, à cause de leur vétusté et de leur coût d’entretien. Certains observateurs estiment néanmoins que la fourniture d’appareils russes augmentera les problèmes d’organisation et de formation de l’armée libanaise, compte tenu de la grande dispersion de ses sources d’approvisionnements (en grande partie occidentales). Ils se demandent, en outre, si les MiG-29 répondent réellement aux besoins de cette armée, qui est dans l’impossibilité de livrer une guerre conventionnelle. Les forces israéliennes lui sont en effet trop supérieures, en qualité et en nombre, pour que Beyrouth puisse engager ses avions de combat dans un affrontement avec ceux de Tsahal. Reste que, lors de la récente guerre menée contre le groupe Fatah al Islam, retranché dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, l’état-major avait regretté de ne pas pouvoir larguer des bombes depuis des avions, pour terminer le conflit plus rapidement et avec moins de pertes pour ses troupes. Partant de ce constat, le gouvernement libanais vient de décider d'attendre avant de réceptionner ces MiG-29, jugés “peu sûrs”. En effet, une délégation libanaise, conduite par le commandant de l'armée de l'air, le général Michel Menassa, qui devait se rendre à Moscou, le mois dernier, a finalement reporté son voyage. Et Beyrouth aurait décidé d’envoyer à la place, en Russie, un groupe d’experts pour examiner les appareils, avant d’envoyer ses pilotes pour un stage de huit mois. Selon certaines sources, un tiers des MIG-29 de la flotte russe sont trop rouillés pour décoller sans s’écraser. Rappelons qu’un pilote s’est tué dans le crash d’un MIG-29, le 5 décembre dernier, en Sibérie du sud, et qu’un autre avion de ce type s'est également écrasé en octobre dernier. Des experts libanais rappellent que ces avions, qui datent du début des années 70, sont conçus pour voler 2 500 heures et que tous ceux qui sont encore en activité (comme dans les pays de l’ex-Pacte de Varsovie) ont subi d’importants “upgrades” pour les mettre au normes de l’Otan. |
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Avion d'entraînement Hawk
crédits: Royal Air Force
Outre des hélicoptères de transports Bell UH-1H, l'armée de l'air libanaise dispose de neuf hélicoptères d'attaque Gazelle, donnés par les Emirats.
crédits: Sirpa Terre
MiG 29
crédits: MiG
Des Hawk des pays du Golfe
Autre piste, Beyrouth et Abou Dhabi auraient récemment relancé les contacts concernant l’acquisition par la force aérienne libanaise d’un certain nombre d’avions d’entraînement Hawk. Des discussions sur ce sujet avaient déjà été engagées en 2008, sans aboutir. il semble cependant improbable que les Emirats Arabes Unis puissent, dans l’immédiat, céder des Hawk, sans remettre en cause leurs propres capacités de formation. Mais Abou Dhabi doit annoncer, dans les mois à venir, le choix de son futur appareil d’entraînement (T-50 ou M346). Or, du calendrier de livraison de ce nouvel appareil pourrait dépendre le transfert des Hawk vers Beyrouth. Abou Dhabi a d’ores et déjà offert et assuré la formation d’une dizaine de pilotes libanais au sein du 3e escadron du Khalif bin Zayed Air College d’Al-Ain.
Selon certaines sources, après avoir abandonné l’idée d’acquérir des F-5 auprès de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite, Beyrouth a sollicité d’autres Etats du Golfe pour l’acquisition de Hawk. L’armée de l’air saoudienne, qui aligne une cinquantaine de Hawk Mk 65, pourrait, elle aussi, répondre aux besoins libanais. En attendant un accord permettant l’instruction de ses élèves pilotes sur la base de Rayak, Beyrouth devra sans doute externaliser la formation d’une seconde promotion, voire décider d’entamer une externalisation complète de l’instruction avancée de ses pilotes. La force aérienne libanaise ne dispose actuellement que de huit pilotes, "passés" sur les Hawk emiratis, actuellement susceptibles de suivre ce cursus.
Un embryon de chasse opérationnel
Reste donc pour l’armée libanaise à former une douzaine de pilotes, si elle veut assurer une disponibilité optimale de ses futurs MiG-29 promis par la Russie. A noter, par ailleurs, qu’un embryon de la chasse libanaise est désormais opérationnel. Un communiqué de l’état-major libanais indiquait, à la mi-décembre, que quatre de ses six Hawk Hunter étaient de nouveau opérationnels, après une démonstration en vol de trois appareils, lors des cérémonies du 22 novembre. Enfin, à l’instar des forces irakiennes, Beyrouth pourrait recevoir, dans le cadre de l’assistance militaire américaine, un Cessna 208 Caravan doté d’une capacité air-sol, avec l’emport de missiles Hellfire en 2009, puis deux appareils supplémentaires en 2010.
Menace air-sol pour l'aviation israélienne au sud Liban
Tel-Aviv a discrètement lancé une mise en garde au Hezbollah contre toute tentative d’abattre un avion israélien survolant le Liban, pour venger l’assassinat, l’an dernier, de son chef militaire, Imad Mughniyeh. Des avions et des drones israéliens survolent régulièrement le Sud du Liban pour tenter de recueillir des renseignements sur les mouvements des combattants du Hezbollah. L’Etat hébreu bénéficie, jusqu’à présent, d’un contrôle total de l’espace aérien libanais. Mais ce rapport de forces pourrait être remis en cause, si le mouvement chiite parvenait à déployer des systèmes de défense antiaériens, grâce à la Syrie et à l’Iran. Pour éviter un tel scénario, le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, Aharon Abramovitz, a récemment transmis un message via Michael Williams, l’envoyé des Nations unies au Liban, qui a rencontré des responsables israéliens lors d’une visite à Jérusalem. Abramovitz a notamment souligné que le déploiement de batteries de missiles sol-air serait «inacceptable» pour Israël, qui en «tirerait toutes les conséquences». Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a également affirmé à plusieurs reprises, ces derniers mois, qu’en «cas d’agression du Hezbollah», Tsahal ne se limiterait pas à des cibles liées au mouvement chiite, mais s’en prendrait aussi aux infrastructures au Liban.