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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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A l’Est, rien de nouveau |
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10/06/2009 |
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C’est l’heure des affectations pour les jeunes aspirants de l’armée russe. Après l’euphorie de l’engagement à servir son pays, le retour sur terre se révèle brutal. Quel que soit le classement, l’affectation continue de dépendre de l’enveloppe donnée à la fois à l’organisme de gestion des personnels et à la garnison d’affectation. Entre 2 000 et 5 000 euros cash en moyenne. Des pratiques que le Président Medvedev avait dit vouloir combattre, mais qui perdurent dans les meilleures écoles militaires au nom d’une corruption analysée par certains chercheurs comme un moyen de survie. L’argent prime sur la motivation et le patriotisme. C’est dans ce contexte qu’il convient d’examiner la réforme de l’armée russe. Mais les annonces et mesures ne cessent de se contredire. Il fut décidé par le ministère de la Défense que, au 1er décembre, les effectifs de sous-officiers baissent de 140 000 hommes. L’état-major russe précise désormais que cette baisse sera étalée sur au moins deux ans... Pour les officiers, d’ici à 2010, 7 500 hommes devront partir. Le nouveau visage de l’armée se composant de 829 200 hommes. Autre changement : le passage de quatre niveaux de commandement (régiment - division - armée - district) à trois (brigade - groupe de forces - district). Une mesure qui ne fait pas l’unanimité, certains officiers généraux russes rappelant que l’armée américaine (perçue comme un modèle) continue de s’appuyer sur ses divisions pour la manœuvre et non sur les brigades. Les divisions américaines se scindant en trois états-majors de brigade. Certains vétérans estiment que la dissolution des divisions russes portent atteinte à l’honneur de l’officier, qui pourrait perdre sa motivation de servir. Cette réforme n’aurait pas été réfléchie et ne s’inscrirait pas dans le cadre d’une doctrine militaire indépendante. Depuis la fin de l’URSS et d’Ogarkov, beaucoup de militaires russes considèrent qu’il n’existe plus, en Russie, de cerveau dans les armées. Au sein de l’Académie de l’état-major général, ces questions ne seraient pas débattues, l’enseignement se réduisant à des problématiques surannées d’ordre de bataille. Quant au Conseil de sécurité, il resterait focalisé sur la menace terroriste et économique en négligeant le militaire, selon les pourfendeurs de la réforme. Autre point qui fragilise actuellement le ministère de la Défense : le salaire mensuel que percevrait le ministre Serdioukov serait trois fois supérieur à celui de son prédécesseur, Sergueï Ivanov. Ces informations contestées par le ministère de la Défense ont néanmoins suscité la désillusion chez certains chefs de corps, qui se demandent si, pour arrondir ses fins de mois, le ministre fait, comme plus de la moitié de ses fonctionnaires, le veilleur de nuit, le taxi ou le videur dans les boîtes de nuit. Reste le logement. Là encore, outre l’absence de résultats de nombreux plans, c’est à l’épaisseur de l’enveloppe en liquide que se mesurerait l’offre des appartements disponibles, à l’exception de certaines unités d’élite privilégiées (voir dessous). Au final, cette réforme ne parvient pas à briser son image de “serpent de mer”, qui hante le quartier de l’Arbat depuis le début des années eltsiniennes.
Touche pas à mes paras ! En octobre 2008, dans la foulée de la «guerre des cinq jours» contre la Géorgie, le ministre russe de la Défense, Anatoly Serdioukov, avait annoncé une réforme en profondeur de l’appareil militaire autour de trois axes : réduction des effectifs (notamment parmi les hauts gradés de l’état-major général, où 300 postes devaient être supprimés), création d’un corps de sous-officiers de carrière et suppression de la division dans la chaîne opérationnelle au profit d’un système à trois niveaux — région militaire, commandement opérationnel, brigade. Se heurtant à de vives résistances à Moscou, le projet pourrait être sensiblement amendé. A peine nommé à la tête des VDV, les troupes aéroportées, le général Chamanov (voir TTU n° 717), qui s’était distingué lors des deux campagnes de Tchétchénie avant d’embrasser une éphémère carrière politique à la tête de la région d’Oulianovsk, a annoncé que la réforme ne s’appliquerait pas aux parachutistes. Les divisions de Pskov, Toula et Oulianovsk — qui comptent parmi les unités de combats réellement opérationnelles — seront maintenues en l’état. De nouvelles unités parachutistes seront même créées dans les régions militaires de Moscou et de Saint-Pétersbourg, qui en étaient dépourvues. Autre ajustement annoncé à Moscou : le maintien de la 77e brigade d’infanterie de marine à Astrakhan, qui devait être démantelée. Une décision qui annonce un renforcement des capacités opérationnelles russes sur le théâtre centre-asiatique. Le sommet des chefs d’Etats du Traité de sécurité collective de la CEI, qui se tiendra le 14 juin à Saint-Pétersbourg, devrait donner lieu à des décisions concrètes sur la constitution d’une force collective de réaction rapide d’environ 15 000 hommes, dont la moitié sera composée de paras russes. A Kalika |
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Anatoli Serdioukov, ministre de la Défense
crédits: Mindef Russe