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Lettre d'informations stratégiques et de défense

ANALYSE

Etats-Unis: Point de situation intérieure

Par Pierre Drai, Président du Centre d'Etudes Transatlantiques
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Le prochain président des Etats-Unis pourrait faire face à une crise majeure…Loin cependant de l’arc de crises généralement identifé, celle ci prendrait place aux Etats-Unis. En effet, alors que l’attention demeure rivée sur la situation en Irak, le soixantième anniversaire de l’OTAN et donc de l’action de cette dernière en Agfhanistan et des avancées en matière de lutte contre le terrorisme, la population américaine semble entonner à nouveau le refrain « it’s the economy, stupid ».

Si comme le remarque avec justesse l’économiste Paul Krugman, la crise des sub-primes est, pour l’essentiel, passée, cette dernière, à l’instar de la crise ayant touché LTCM durant les années ’90 laisse derrière elle un vide réglementaire et législatif qui présage d’une prochaine crise, vraisemblablement pire encore.

Sans surprise donc, une toile de fond économiquement morose se dessine progressivement, le prix des hydrocarbures, des matières premières ou encore des denrées alimentaires, nourrissent en outre l’anxiété de la population américaine, qui réagit avec les moyens disponibles…

Ainsi, l’économiste Barton M. Biggs reprend à son compte les thèses survivalistes dans son récent ouvrage Wealth, War and Wisdom. Ce dernier suggère qu’une préparation accrue (vivres, groupe électrogène, production alimentaire minimale) serait de bonne composition en vue des crises futures (énergétiques, notamment) et que les ménages devraient consacrer 5% de leurs revenus à cette fin. Loin d’être un excentrique isolé, le mouvement survivaliste connaît une croissance surprenante depuis 2003.

Si ce contexte avait été favorable au gouverneur de l’Arkansas, il n’est pas acquis qu’il en soit de même pour son épouse ou pour le beau-rival, le Sénateur Obama. A moins d’une surprise, l’absence d’une majorité de délégués à la veille de la Convention Démocrate du mois d’août aura pour conséquence un vote décisif des super-délégués. Cependant, au delà des super-délégués, la Convention est porteuse d’un risque autrement plus important pour la parti de l’âne : la judiciarisation de la nomination démocrate.

L’invalidation des caucus du Michigan et de Floride, qui avaient avancé leur calendrier contre l’avis du Conseil Démocratique National (DNC), a récemment fait l’objet d’une première remise en cause par Mme Clinton. Celle-ci, en se livrant à l’exercice du candidat le plus populaire en terme de voix, a inclus le vote de Floride (qu’elle avait remportée). Dans cette perspective, il conviendra de s’interroger sur la signification exacte de cette inclusion, subtile arithmétique électorale ou ballon d’essai pour réhabiliter ce vote ? Si la seconde hypothèse venait à être retenue, le risque d’offrir la victoire aux Républicains en novembre sera élevé. Le souvenirs de la judiciarisation du vote de 2000 en Floride étant resté dans les esprits comme un exemple à ne pas répéter de la vie politique.

Une victoire Républicaine ne constitue pas, sui generis, une cause d’inquiétude, loin s’en faut. Selon toute vraisemblance, ce dernier serait mieux à même d’optimiser sur les avancées réalisées en matière de politique extérieure sous l’administration Bush, tout en sachant en modérer les excès. Toutefois, l’intérêt que porte le Sénateur McCain aux questions économiques ne gagent pas d’un renforcement de l’indice de confiance du consommateur américain. Une fois n’est pas coûtume, les affinités partisanes pour la politique extérieure et l’économie sont respectées.

Comme souvent, le paradoxe de cette situation est qu’elle illustre en état de fait qu’une prospective raisonnable peut dépasser. Si les indicateurs pour la période 2008-2016 demeurent maussades, les deux tendances structurantes de la courte décennie 2001-2008 pourraient être sensiblement altérées au sortir du second mandat du prochain président : la lutte contre le terrorisme et le prix du baril. D’une part, le processus de relecture des haddiths sous un jour nouveau engagé en Turquie est de nature à donner aux sociétés arabo-islamiques les moyens de résoudre leur tension entre modernisme et ultra-conservatisme, avec, possiblement une réduction de l’attrait pour la nébuleuse Al Qaïda. D’autre part, la volonté d’émancipation de l’ère pétrole semble désormais envisageable alors que la commune de Calgary prévoit pour les Jeux Olympiques d’Hiver de faire circuler son parc autobus à l’hydrogène. Il resterait une troisième ligne force à discuter pour les candidats à la Maison Blanche, la Chine. Mais aucun ne sait quoi en penser à l’heure actuelle…

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