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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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ANALYSE |
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Le conseil stratégique : un secteur en mutation Par la Rédaction |
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Le marché de l’expertise stratégique se porte plutôt bien. Le Livre Blanc a le don d’ubiquité et l’anticipation des menaces anime l’ensemble des secteurs, y compris les plus anodins comme les ressources humaines. La volatilité des menaces et le contexte international tendu (Géorgie, Iran, Corée du Nord, Venezuela…) offrent aux principaux cabinets de conseil français, qui ont fleuris sur la place de Paris à partir du milieu des années 1990, des perspectives inespérées d’études, de consultances et d’organisations d’événements pour la communauté de la défense et de l’armement. Longtemps monopolisé par GEOS, la société fondée par Stéphane Girardin en 1997, le marché de la sûreté et de l’ingénierie de la sécurité s’est davantage segmenté, s’ouvrant à des concurrents de plus en plus soucieux d’occuper certaines « niches » que le besoin de préparer l’avenir, d’anticipation et de connaissance en amont des nouveaux paradigmes de la sécurité justifient. Aujourd’hui, d’autres structures plus pointues dans l’intelligence économique, comme Axis, poursuivent un développement exponentiel grâce à des recrues de bonne qualité. Dans un domaine plus fondamental, c’est également vrai de la Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique (CEIS), qui a su occuper le terrain à Bruxelles en y ouvrant une succursale. Bien vu, quand on sait la carence d’outil de réflexions et le peu de caisses de résonnances quant aux stratégies et actions françaises dans la capitale communautaire. Autre marché en vue, celui de la diffusion et du débat d’idées : après les conférences opérées en partenariat avec le CDEF, les universités d’été de la Défense de Saint-Malo réalisées pour le compte des Commissions des le Défense du Sénat et de l’Assemblée nationale, les conférences thématiques organisées à prix d’or lors du dernier salon Eurosatory, la CEIS tente d’occuper ce terrain porteur en s’associant avec d’autres acteurs aux contours plus « académiques », à l’instar du Club Participation & Progrès ou du think tank bruxellois Security & Defence Agenda (SDA). Certains acteurs de ce marché ont, quant à eux, opté très vite pour l’accompagnement des entreprises cherchant à se développer à l’international et se sont intéressés en priorité aux marchés des pays émergents. Ils offrent ainsi à leurs clients, soucieux de développer leurs actions internationales, des analyses précises quant aux risques encourus dans certains pays à risques. C’est ainsi le cas de la société d’Experts Partenaires pour l’Entreprise à l’Etranger (EPEE). La filiale de la SOFEMA, Sécurité Sans Frontières (SSF) a choisi de se positionner sur les services innovants aux applications « duales » (intéressant autant le monde industriel que celui des voyagistes). Son président, ancien Directeur des opérations de la DGSE, Pierre-Jacques Costedoat, vise également le développement de partenariats à l’international, comme en témoigne le partenariat récent noué avec Mutuaide assistance et ses 5000 acteurs médicaux et logistiques déployés dans plus de 150 pays ainsi qu’avec le Groupe G4S présent dans 110 pays.
Eurocrise, créée et présidée par le général (2S) Loup Francart (ancien Monsieur doctrine de l’EMA à propos de la maîtrise de la violence) s’est quant à elle principalement focalisée sur le marché des Etudes de défense (études à caractère opérationnel et technico-opérationnel (EOTO), études amont (EA) de la DGA et études à caractère politico-militaire, économique et social (EPMES) opérés par la DAS au profit de la DRM. La plus grosse partie de son activité est tirée des études au profit de la DGA, en cotraitance avec des industriels (EADS, Thales...). Avec un chiffre d'affaire en augmentation de 20 à 30% ces dernières années, la société souhaite développer sa participation dans le secteur de l'intelligence économique. Le Cabinet d’Ingénierie Stratégique pour la Sécurité (CI2S) continue de privilégier son ancrage territorial, couvrant désormais tout le grand Sud, en visant en priorité le secteur des PME « DAS » (défense, armement et sécurité). Point commun, parfois douloureux, pour tous ces acteurs : le besoin de trésorerie pour faire face à une concurrence de plus en plus vive entre eux et à celle des grands groupes de conseils et d’audits anglo-saxons désormais plus offensifs vis-à-vis de ce marché en pleine expansion, à l’instar du cabinet américain Kroll qui a récemment dopé son bureau parisien.
Après plus de 10 ans d’existence, GEOS, qui affiche un CA 33,7 millions d’euros, semble ainsi l’objet de profondes transformations avec une branche intelligence économique qui a cédé la place au tout sûreté. Désormais propriété du courtier en assurances de Roubaix, Guillaume Verspieren et de sa holding financière Continental Risk, associé à la société hollandaise Halisol et le lillois Participex, spécialisé dans la gestion de portefeuille, entrés elles aussi au capital de GEOS, le fondateur, Stéphane Girardin, qui avait souhaité faire de sa société une référence en matière d’intelligence économique et stratégique a perdu la présidence du groupe. Les prochains arbitrages en cours au niveau des ministères de la défense, du nouveau SGDN et de la Délégation à la Prospective et à la Stratégie (DPS) du ministère de l’Intérieur, autour du partenariat public-privé et la réflexion quant aux sociétés privés de sécurité et les sociétés militaires privées, vont sans aucun doute confirmer l’intérêt pour les entreprises du secteur, et ce bien au-delà du seul cadre hexagonal, invalidant quelques peu les fondements du « patriotisme économique », chers au député du Tarn, Bernard Carayon. |
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