La forteresse nord-coréenne

La crise des essais balistiques nord-coréens a beau revenir sur le devant de la scène ces derniers mois, les autorités américaines se saisir du dossier et Donald Trump ordonner, en avril dernier, de réexaminer la politique US à l’égard du régime de Pyongyang, le renseignement reste le «trou noir» pour les autorités américaines, et ce bien que le régime nord-coréen soit une «haute priorité» depuis de très nombreuses années.

La CIA n’a pas la partie facile face à la Corée du Nord : pas d’ambassade – couverture habituelle pour les officiers traitants, compartimentation extrême du régime, grande difficulté à recruter des sources humaines, risque des «doubles jeux» menés par les services secrets nord-coréens pour désinformer l’adversaire, sans compter les mesures prises par le régime pour «cacher» certaines activités.

A partir de là, la CIA se base sur les informations des dissidents, le suivi des sources ouvertes, le renseignement SIGINT (signaux), ELINT (électromagnétique) et IMINT (imagerie), le cyber, et les rapports des ambassades des pays amis (par exemple la Grande-Bretagne) à Pyongyang. Ainsi que la coopération avec les alliés, comme le NIS sud-coréen et les Japonais. Mais également avec les services russes, comme le FSB, qui échangeaient des informations avec les Américains, sous Dimitri Medvedev, sur les missiles nord-coréens. Est-ce toujours le cas ? Elément passé complètement inaperçu, quand Pyongyang accusa en mai dernier la CIA d’avoir envoyé une personne tenter d’assassiner Kim Jong-un, le communiqué officiel d’indiquer que le tueur présumé avait été recruté en Russie… Manière d’envoyer un signal aux services russes pour leur signaler que Pyongyang connaît leurs contacts avec les Américains pour tenter de se débarrasser du leader nord-coréen ? Cela reste une hypothèse.

Actuellement, la voie empruntée par les Etats-Unis consiste à échanger les informations relatives aux essais balistiques avec le Japon et la Corée du Sud (traité de sécurité générale et d’information militaire dit «GSOMIA», signé en novembre 2016), mais également à faire pression sur Pékin, pour que la Chine renforce ses sanctions contre le turbulent voisin nord-coréen et l’isoler davantage.

Pékin, inquiet d’une situation potentiellement instable, aurait tenté à plusieurs reprises, ces dernières années, une «Révolution de palais» contre Kim Jong-un. Sans succès. Et selon un expert des affaires chinoises interrogé par TTU, il n’y avait pas, dernièrement, de coopération entre la CIA et ses homologues chinois quant à la Corée du Nord… Toutefois, Pékin et Washington ont récemment convenu d’échanger des informations sur les navires nord-coréens transportant armes et autres matériaux sous sanctions en avril dernier.

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