FCAS : Le retour du Taranis

Malgré l’accord signé avec Paris pour le développement d’un UCAV commun, Londres n’a en rien abandonné la coopération avec Northrop dans le cadre du programme UCAS-D de l’US Navy. Mais surtout, la Grande-Bretagne poursuit dans la plus grande discrétion ses travaux sur son «black programme» d’UCAV supersonique national, le Taranis.

Directement hérité des travaux conjoints menés avec Lockheed à la fin des années 90 sur le Dark Star, BAE a su capitaliser sur ce partenariat en développant pour son prototype des solutions de furtivité qui lui sont propres. Mais surtout, le groupe britannique a mené d’importants travaux sur l’intégration de batteries à forte capacité pour permettre au Taranis (le dieu de la foudre chez les Celtes) de générer l’impulsion électrique nécessaire à l’emploi d’une future arme à énergie dirigée inutilisable sur les avions pilotés en raison des effets mortels de son rayonnement.

BAE reste fidèlement accroché à ce projet en raison de la sous-charge qui le menace après l’arrêt de la chaîne de production des Eurofighter. Mais aussi parce qu’il s’estime défavorisé par rapport à Dassault dans le cadre du FCAS, comme l’a démontré sa campagne de lobbying auprès des parlementaires britanniques. Cette campagne semble avoir eu un premier effet.

Peu avant le Salon du Bourget, il aurait été décidé d’intégrer au centre d’essais d’Aberporth, désormais géré par QinetiQ, la base aérienne de Llanbedr, également située au Pays de Galle et utilisée jusqu’en 2001 par le DTOE et le DERA pour les essais sur systèmes d’armes. Alors qu’Aberporth accueille les essais de drones, comme le Watchkeeper, les projets les plus secrets, comme le Taranis, le HERTI ou le Mantis, étaient testés en vol loin de toute zone d’écoute potentielle, sur la zone interdite de la RAAF à Woomera, dans le désert australien, située à 450 km d’Adélaïde. Le MoD aurait récemment décidé de lancer de nouvelles campagnes d’essais sur le Taranis, non plus en Australie cette fois mais à Llanbedr.

Le réveil du Taranis aurait été présenté aux parlementaires gallois comme un levier de développement économique. Une décision qui, si elle est confirmée, risque de susciter un arbitrage financier face au FCAS, en raison de l’état des budgets militaires britanniques.

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