F-35 : des résultats opérationnels surprenants

Afin de célébrer le centenaire de la participation US à la Grande Guerre, il a été confirmé que l’US Air Force présenterait bien en juin au prochain Salon du Bourget – et pour la première fois – le nouveau chasseur-bombardier Lockheed Martin F-35A Lightning II (JSF), au sol comme en vol.

Parallèlement, alors que huit F-35A effectuent actuellement un premier détachement en Europe depuis la base anglaise de RAF Lakenheath, l’USAF a été plus discrète quant à la toute première participation du F-35A au dernier exercice Red Flag 17-1, qui s’est déroulé à Nellis AFB (Nevada) à la fin de l’hiver. Durant trois semaines de février, la participation des premiers F-35A y a été particulièrement impressionnante, donnant un nouveau souffle à l’exercice, en démontrant la capacité de «Force Multiplier» intrinsèque au nouvel avion.

Sur les 226 sorties programmées au profit des F-35A participant (ceux du 388th Fighter Wing de Hill AFB, Utah), 207 se sont déroulées de façon nominale et positive, les 19 autres ayant été annulées en raison du mauvais temps sur le «range» (aussi grand que la Suisse). Plus particulièrement couronnées de succès ont été les frappes air-sol des F-35A, où la capacité des systèmes de l’avion — notamment en matière de fusion de données — ont fonctionné à plein pour éviter les pièges tendus par les servants des systèmes sol-air.

Sur les 51 missions qui leur étaient confiées pour l’attaque de sites de missiles antiaériens extrêmement défendus, 49 se sont soldées par la neutralisation des cibles, avec aucune perte enregistrée côté F-35. Les deux missions ratées ont été le fait d’un mauvais fonctionnement des bombes employées. En air-air, les F-35A ont été victorieux de quasiment tous les engagements réalisés avec un ratio de 20 contre 1. Il reste que les JSF agissaient en collaboration avec des F-22 et que l’USAF n’a pas révélé exactement l’étendue du rôle joué par les Raptor. Dans presque tous les cas, les «victimes» ont été abattues par des missiles BVR de type Raytheon AIM-120. C’est dire à quel point les jours des combats aériens enroulés (dog fights) sont derrière nous — et ce qui augure bien pour les utilisateurs à venir du Meteor de MBDA, missile hypersonique déjà retenu sur les F-35 des forces européennes, Royaume-Uni et Italie en tête.

Singulièrement appréciée par les autres acteurs de la «Blue Force» agissant contre l’inévitable agresseur «rouge» a été l’aptitude des F-35A engagés à relayer vers eux (via Liaison 16) une image de la situation générale en temps réel et à alerter l’un ou l’autre de l’approche d’un agresseur (joué par des F-15 et des F-16 pilotés par des moniteurs particulièrement coriaces). Très remarquée : l’aptitude des F-35A à marquer les cibles adverses au profit des missiles et bombes tirés à distance de sécurité par les B-1B volant, eux, largement en dehors de la bulle antiaérienne «rouge» sur le polygone d’exercice. Ces capacités nouvelles ont valu aux F-35 le sobriquet de «mini AWACS», décerné par les autres participants présents, dont des aviateurs australiens et britanniques.

A l’heure actuelle, un peu plus de 200 F-35 de trois modèles (A, B et C des lots 1 à 9 avec des standards logiciels très différents) volent sous les couleurs US. S’y ajoutent les premiers avions pour Israël et les quelques têtes de production non opérationnelles pour la Grande-Bretagne, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et l’Australie. Ces avions disposeront d’ici quelques années, du système de maintenance ALIS (Automatic Logistic Information System), qui devrait amener une révolution dans le soutien matériel des F-35 en ligne, un système qui est encore loin d’être au point et enregistre un retard important.

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