Erdogan : Les Kurdes comme têtes de Turc

ERDOGANAprès Raqqa, ce sont désormais les opérations sur Mossoul qui risquent d’être retardées par la Turquie, en raison de la pression exercée sur le PKK. Depuis la tentative de coup d’Etat en juillet, Erdogan a lancé une opération sans précédent dans la province d’Hakkari, et des bombardements aériens dans la zone autonome kurde irakienne, suspectée d’abriter le QG du PKK dans la zone du Mont Qandil.

Or il semble que nous n’en serions qu’aux prémices de cette opération : le Premier ministre B. Yildiri a déposé une motion pour autoriser les forces armées à franchir les frontières irakienne et syrienne sans l’aval de la communauté internationale. Cette motion sera débattue le 2 octobre.

L’opinion publique turque est l’objet de «campagnes d’informations» concernant les plans du YPG pour mener des attaques en Turquie en association avec le PKK, mais aussi sur le risque de sécession d’une partie du territoire occupée par les Kurdes. En révélant les opérations de financement et d’armement par le MI6 de certaines tribus présentes dans les zones d’Hakkari, Van, Catak, Slopi, et Mardin, et qui seraient au cœur du réseau logistique du PKK. Qui, de son côté, a fait évoluer ses modes opératoires en recourant aux IED et aux voitures piégées pour empêcher les concentrations de forces.

Sur le plan politique, 24 municipalités ont été accusées d’entretenir des liens de financement avec le PKK, ce qui a permis au gouvernement Erdogan de marginaliser le parti de gauche, le HDP, qui défend le droit des minorités, et de placer, grâce à l’état d’urgence, des administrateurs civils en remplacement des élus. Un mouvement de révocation des instituteurs kurdes enseignant au sud est du pays a été initié…

Il semble donc peu probable qu’Erdogan revienne à la table des négociations avec le PKK et le YPG, condition pourtant indispensable au succès des opérations de la coalition contre Daech. Erdogan cherche à s’appuyer sur le thème de l’ennemi intérieur kurde et de la peur pour asseoir son pouvoir, au risque d’accroître davantage les clivages qui traversent la société turque. Plus il a peur plus il fait peur.

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