Egypte : après la FREMM…

FREMM NormandieLa livraison de la FREMM “Thaya Misr” (ex-“Normandie”), à Lorient, le 23 juin, en présence de Jean-Yves Le Drian et de son homologue égyptien, le général Sedki Sobhi, marque le début de la réorganisation de la marine égyptienne.

En effet, les forces navales égyptiennes vont être restructurées en deux flottes différentes : une pour la Méditerranée et l’autre pour la mer Rouge. Ceci dans un contexte où la sécurité du trafic maritime en mer Rouge prend de plus en plus d’importance.

Les autorités égyptiennes ont ainsi lancé les négociations sur l’option de deux corvettes Gowind supplé­mentaires, en plus des quatre déjà commandées. Par ailleurs, les autorités égyptiennes, qui avaient initialement demandé deux FREMM (la France n’ayant accepté la livraison que d’un navire), devraient lancer des discussions sur l’acquisition d’un sistership.

Signe évocateur, les Américains ont livré, la semaine dernière, les deux derniers patrouilleurs lance-missiles Ambassador Mk III à l’Egypte, mais ni Washington ni Le Caire n’ont évoqué la possibilité de lever l’option pour deux navires supplé­mentaires.

La livraison de la FREMM marque aussi l’ouverture d’une nouvelle étape dans les relations entre les deux marines : Jean-Yves Le Drian a annoncé la nomination d’un officier supérieur de la DGA comme attaché d’armement au Caire pour accélérer cette coopération. Des exercices bilatéraux, Cléopâtre, vont être organisés chaque année en Méditerranée pour accroître l’interopérabilité entre les deux marines.

Pour DCNS, cette livraison marque aussi une nouvelle étape : d’abord parce que la cession de la “Normandie” à l’Egypte a eu comme conséquence directe l’accélération du programme français de FREMM, pour lequel DCNS aurait gagné deux années supplémentaires. Et son bureau d’études a obtenu une charge de travail pour les dix prochaines années, les retombées financières de cette vente ayant servi à financer le programme de frégate de taille intermédiaire (FTI), pour lequel DCNS a signé un contrat avec la DGA.

Ces bâtiments de 4 000 tonnes devraient être présentés officiellement lors du prochain Salon Euronaval. Les FTI devraient répondre aux besoins de la Marine nationale mais aussi à ceux du marché export. Des besoins estimés par les experts entre 40 et 50 unités, notamment dans les pays de la côte occidentale de l’Amérique Latine, en Arabie Saoudite et aux EAU… Cette vente à l’Egypte permet aussi de devancer de deux ans le projet allemand analogue des chantiers Damen.

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