Djihadistes : guerre des communiqués

La rivalité croissante qui oppose les deux principales organisations terroristes internationales a trouvé une nouvelle illustration, cette fois en Algérie.

L’attentat suicide contre le siège de la sûreté de Tiaret (ouest algérien) ce 31 août, qui a fait deux morts parmi les policiers, a d’abord été revendiqué dans la journée par l’Etat islamique (EI) via un communiqué laconique de son agence A’amaq, qui évoquait l’acte d’un «martyr» de l’organisation, mais sans le nommer. Une attaque similaire contre un commissariat de Constantine (ouest algérien) qui avait été tentée six mois plus tôt, sans faire de victime, avait également fait l’objet d’une revendication de l’EI, confirmant ainsi la présence en Algérie d’éléments rattachés à l’organisation d’Abou Bakr Al-Baghdadi.

Quatre jours après l’attentat de Tiaret, AQMI a étrangement diffusé un communiqué s’appropriant à son tour la responsabilité de la même action, désignant comme étant son auteur un certain Boucheta Benaissa, surnommé Abou Djihad, un membre appartenant, selon AQMI, à sa brigade «El-Feth» opérant dans la zone ouest du pays. Or, son identité avait déjà été rendue publique par les autorités algériennes quatre jours plus tôt.

Lors de l’attentat ciblant le parlement de Westminster à Londres en avril dernier, Al-Qaida, via sa branche yéménite – AQPA –, avait également revendiqué sa responsabilité postérieurement à l’EI. Sur le terrain sahélien, Al-Qaida et l’Etat islamique se livrent à une course aux alliances avec les groupes locaux opérant sur l’ensemble de la BSS pour mieux démontrer leur force, contribuant à une dynamique de surenchère dont les récentes attaques au Burkina Faso et au Mali ont encore été le théâtre.

Articles similaires :