DGA : renforcer la BITD

«La souveraineté de notre système de défense se construit sur une industrie forte.» C’est le message qu’a rappelé, la semaine dernière, Laurent Collet-Billon, lors de la présentation du bilan 2016 de la DGA. Relever ce défi implique, pour le Délégué, d’agir de concert sur plusieurs leviers. Ainsi, si de solides performances à l’export sont nécessaires, les commandes nationales restent indispensables pour renforcer la BITD nationale.

L’investissement est donc le premier levier et le DGA a rappelé les grands chiffres pour l’année écoulée : pour le programme 146 (équipement des forces), 10,8 milliards d’euros de paiements et 9,8 milliards d’engagements, alors que 804 millions ont été payés et 672 millions engagés dans le cadre du programme 144 (préparation de l’avenir). Au titre des commandes figurent, par exemple, les drones tactiques Patroller, la rénovation des Mirage 2000D, le remplaçant du FAMAS, l’AASM Block4, les quatre C-130J et les deux navires BSAH. Ont par ailleurs été livrés en 2016, entre autres, six Rafale, deux A400M, six Tigre, une FREMM et un lot de missiles M51. Si Airbus Group reste le premier fournisseur de la défense (le ministre a confirmé, la semaine dernière, que le H160 a été choisi comme plateforme du futur hélicoptère interarmées léger), Laurent Collet-Billon souhaite qu’après le départ de Marwan Lahoud, le COMEX d’Airbus Group intègre un interlocuteur français pour les relations avec la Défense.

Vient ensuite le levier de l’innovation, et notamment la poursuite des travaux sur les programmes structurants, comme la dissuasion (SNLE de troisième génération, maturation des technologies du M51 et renouvellement de la composante aéroportée), le Système aérien du futur et le combat aéroterrestre (combat collaboratif, intelligence artificielle, robotisation du champ de bataille…). L’innovation, c’est aussi la recherche duale et notamment les projets RAPID (64 soutenus en 2016) pour une enveloppe annuelle de 50 millions d’euros, le Pôle de compétitivité (13 millions d’euros) et les projets ASTRID (27 en 2016).

«Levier de souveraineté confirmé», les exportations, quant à elles, ont permis d’assurer la soutenabilité de la LPM (lancement des programmes prévus) et le maintien des chaînes de production et des bureaux d’études. Elles offrent, grâce aux partenariats stratégiques qu’impliquent notamment les contrats Rafale (Inde) ou de sous-marins (Australie), une visibilité à long terme et sont un moteur pour l’innovation puisque conditionnées par le maintien d’une indispensable supériorité technologique.

L’année 2016 a aussi permis de recueillir les effets bénéfiques des «résultats de choix d’investissement dans la durée», avec des «champions mondiaux» et un «tissu de PME et d’entreprises de taille intermédiaire dynamiques» créateurs d’emplois à haute valeur ajoutée et contributeurs positifs à la balance commerciale. Pour Laurent Collet-Billon, les conditions des futurs succès passeront par la consolidation du secteur industriel (comme celles, en cours, dans One Complex Weapon de MBDA, KNDS ou Airbus Safran Launchers) ainsi que par les coopérations internationales (FCAS, MALE 2020…).

 

Articles similaires :