Daech crée la surprise en Syrie

TANK DE L'ARMEE IRAKIENNEEn préalable à l’opération en cours sur Fallujah pour reprendre la ville à l’Etat islamique, les psyops américains se sont livrés à un travail considérable pour mobiliser les opinions publiques occidentales en diffusant des articles sur les tests d’armes chimiques réalisés sur des prisonniers ou la vente sur Internet d’esclaves yazidis.

Mais il s’agissait surtout d’empêcher Daech d’acheminer des renforts vers Fallujah, d’où la diffusion sur les deux plus grands fiefs d’EI, Raqqa et Mossoul, de tracts invitant les populations à la fuite en raison d’une offensive imminente.

Pourtant Daech, loin de se laisser leurrer, vient de porter deux coups conséquents aux forces américaines. Le point de contrôle frontalier syro-irakien de Tanaf au sud-est, qui permet d’accéder à l’axe routier conduisant à Fallujah puis Bagdad, a été repris le 22 mai par Daech, qui a décimé par une attaque suicide le camp militaire où résidait le dernier contingent de la Nouvelle armée syrienne sunnite en date, infiltré par Washington depuis la Jordanie en mars dernier.

En un an, un premier contingent a été kidnappé par le Front al-Nosra ; quant au second, il a purement et simplement fait défection. Au nord-ouest, alors que le YPG contrôlait il y a encore quelques jours toute la frontière avec la Turquie, Daech est sur le point de reprendre son fief stratégique d’A’zaz et l’axe logistique vers la ville de Kilis. Si le groupe djihadiste y parvient, il pourra alors relancer l’offensive sur Alep, soutenu par le Front al-Nosra, qui vient de masser au sud de la ville 6 000 combattants.

Mais sur un plan plus global, la communauté sunnite n’est désormais plus représentée militairement en Syrie que par les groupes djihadistes.

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