La cellule intelligence artificielle du Pentagone 

Depuis le mois dernier et dans le cadre du projet MAVEN, le Pentagone a mis en place une cellule baptisée Algorithmic Cross Functionnal Team en charge, grâce à l’intelligence artificielle, d’automatiser le traitement, l’exploitation et la diffusion des centaines d’heures de vidéos réalisées quotidiennement par les flottes de drones américains. Dans le but d’en générer un renseignement qui soit réellement opérationnel et d’accompagner le commandement dans sa prise de décision. Il s’agit surtout de renforcer les capacités de létalité du dispositif américain en traitant les menaces en quasi temps réel, voire de les anticiper.

Quatre semaines après sa création par le secrétaire à la défense, Bob Work, cette cellule vient de réaliser sa première opération contre l’Etat islamique et travaillerait déjà sur le suivi des lanceurs balistiques mobiles nord-coréens. Il s’agit, pour le moment et jusqu’au mois de juillet, de tester en situation des algorithmes déjà sur étagère. Trois autres mois seront ensuite consacrés au choix du système d’information, pour ensuite intégrer la solution à d’autres systèmes de renseignement.

Confié au général J. Shanahan de l’Air Force, cette initiative a pour but de doter les forces américaines d’un multiplicateur de force à la fois systémique et low cost. Les applications semblent infinies : classification, règles d’association, identification des patterns, analyses prédictive… une rupture qui ne couterait aux contribuables américains que le prix d’un avion de combat non armé, soit 70 millions d’euros.

En France, certains industriels se préparaient depuis plusieurs mois à ce «game changer» dans le monde de l’ISR. Si Thales a lancé une vaste consultation de ses experts sur le deep-learning, Safran, à la demande de la DGA, se serait rapproché de la start-up GeoTAC pour intégrer une solution d’intelligence artificielle sur le Patroller dans le cadre des opérations dans la BSS.

 

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