«Buy American»

En raison de l’offensive commerciale américaine, l’hypothèse d’une réduction considérable des prises de commandes sur les marchés de défense du Moyen-Orient inquiète chaque jour un peu plus les industriels européens. Mais une seconde mauvaise nouvelle pourrait émerger.

Un mémo en date du 30 juin de l’Office of Management and Guidance du Pentagone a confirmé que l’administration Trump était en train d’exhumer deux lois remontant à 1933 baptisées «Buy American», afin d’interdire les achats aux groupes étrangers de matières premières, d’équipements et de services destinés aux forces armées. Ces achats correspondaient en 2013 à 6,4% des contrats d’approvisionnement du Pentagone, soit près de 20 milliards de dollars.

Cette politique, qui a pour but de favoriser la production industrielle américaine, n’est pourtant pas très populaire auprès des grands groupes de défense. Pour des raisons de coûts et de flexibilité, ceux-ci ont tout intérêt à diversifier leur «supply chain». Mais ils craignent par dessus tout des mesures de rétorsion sur les marchés exports, notamment au sein de l’Union européenne.

Le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a appelé le mois dernier à une mesure de réciprocité par Bruxelles avec la création d’une loi «Buy European». Une demande en effet légitime alors que l’industrie américaine monopolise plusieurs marchés européens.

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