BSS : le JNIM change de stratégie

Un an après avoir initié une stratégie de radicalisation islamiste dans les communautés, en ciblant plus particulièrement l’ethnie peule, force est de consta­ter qu’AQMI en récolte les fruits. Non seulement il est durablement installé au-delà de la boucle du Niger dans la région de Mopti, avec les attaques de la Katibat peule Macina, en rayonnant jusqu’au Burkina Faso, mais surtout il se rapproche dangereusement de la capitale Bamako au sud-ouest du pays.

Car si les attaques se sont poursuivies la semaine dernière autour de Mopti, en attaquant un véhicule de l’armée malienne près de Koina et la gendarmerie de Djenne, Iyad Ag Ghaly, à la tête de la nouvelle coalition JNIM, semble mener en parallèle une stratégie visant à instrumentaliser les tensions communautaires historiques entre Peuls et Bambara, qui contrôlent le pouvoir.

Suite à une vendetta après la mort d’un jeune peul, les djihadistes de la Katibat Macina, revendiquant leur mission de protection à l’égard de ce peuple nomade, ont multiplié les attaques contre la milice Dozo des Bambara dans la région de Seghou, à 230 km de la capitale malienne.

En changeant de mode opératoire, dans une région où l’empreinte djihadiste est quasi inexistante, Iyad Ag Ghaly cherche à obtenir un soulèvement d’une partie de la population qui ne se limitera pas qu’au Mali. Car les Bambara sont également présents au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Sénégal, en Gambie et marginalement en Mauritanie, au même titre que les Peuls, dont les couloirs de transhumance rayonnent jusqu’au Golfe de Guinée.

Attiser la haine entre les deux ethnies est sans doute l’un des leviers les plus efficaces pour déstabiliser l’Afrique de l’ouest et étendre l’influence djihadiste sans même recourir aux actions militaires. Il est fort à parier que l’instrumentalisation des revendications touarègues n’aura été que la première étape de la stratégie de conquête d’Al-Qaida dans la BSS.

 

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