Boeing C-17 : restent les “queues blanches”

C-17L’annonce — faite en septembre dernier par Dennis Muilenburg, PDG de Boeing Defense, Space & Security — de mettre un terme à la production en série du C-17 Globemaster III en 2015 semble désormais inéluctable, faute de commandes significatives pour cet avion cargo emblématique.

Elle se traduira notamment par la fermeture de l’usine de Long Beach à Los Angeles (Californie) et la mise à pied de quelque 3 000 employés sur quatre sites, après l’assemblage de treize avions supplémentaires cette année. Des “queues blanches” que le constructeur de Chicago envisage de commercia­liser à l’export plus tard.

Ce seront donc 276 C-17 qui seront sortis des chaînes durant deux décennies, dont 263 déjà vendus à huit clients : 223 C-17 à l’US Air Force, 7 à la Royal Air Force, 6 à la Royal Australian Air Force, 4 à la Canadian Air Force — tous des alliés proches —, puis 4 au Qatar, 6 aux Emirats Arabes Unis et 10 à l’Indian Air Force, sans oublier les trois C-17, financés par l’Otan (sur fonds européens) pour le Nato Heavy Lift Wing, basé à Pápa, en Hongrie.

Les efforts de Washington pour inciter certains pays alliés à acquérir quelques C-17 ont, jusqu’à présent, buté sur le prix d’achat de cet énorme quadriréacteur (250 millions de dollars pièce) autant que sur le coût de son utilisation et de sa maintenance. Un dernier acheteur potentiel existe : la Corée du Sud.

La RoKAF (Republic of Korea Air Force) a, en effet, lancé un programme d’acquisition pour quatre avions «de la classe du C-17», pour un budget nettement inférieur à un milliard de dollars. Ce qui laisse une chance à l’A400M, sachant que Séoul hésite devant le prix très élevé de l’avion US et que la RoKAF, qui possède vingt Airbus CN239, est très satisfaite de la disponibilité de ces bimoteurs de transport et de leur faible coût d’entretien. Mais, pour la RoKAF, il est clair que l’acquisition de C-17 est opération­nellement plus intéressante : l’avion US est le seul à permettre le transport par air de chars lourds de 50 tonnes et plus tels que les M48, T-80 et K1, voire K2. Or, l’armée de terre sud-coréenne entretient un parc actif de près de 2 500 exemplaires de ces chars et autres automouvants d’artillerie, et Séoul participe à plusieurs missions de stabilisation de l’Onu en dehors de ses frontières pour lesquelles ses C-130 Hercules se sont avérés insuffisants.

Il reste que ces treize C-17 «queues blanches» — qui trouveront inévitable­ment acheteur, au pire à prix cassé — vont constituer une concurrence supplémentaire sur le marché export pour Airbus Defence & Space face à son A400M, dont la visibilité grandissante va heureusement s’affirmer en 2014 avec sa mise en service dans quatre forces aériennes de premier plan (France, Turquie, Royaume-Uni, Allemagne).

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