Argentine : imbroglio diplomatico-industriel

J-10Malgré ses difficultés budgétaires, Buenos-Aires, porté à la fois par la perspective de gisements offshore, les incursions répétées de bâtiments de prospection britanniques dans ses eaux territoriales et ses revendications sur les Malouines, ne renonce pas à la moderni­sation de son armée de l’air.

Si l’importante proportion d’équipements ITAR ainsi que britanniques (Selex) à bord du Gripen-NG a réduit ses chances à néant, malgré les insistances du gouvernement brésilien, le site internet des forces britanniques a communiqué cette semaine sur le fait que Moscou, en quête de soutien diplomatique, pourrait fournir un escadron de Sukhoi 24 à l’Argentine.

Or dans son numéro daté du 23 avril, la revue de défense russe Military Parade a révélé que Pékin était en train de finaliser la vente de deux escadrons d’avions multi-rôles chinois J-10 en version Block 2 (fondé sur la version israélienne du F-16, le Lavi, et le SAAB 37 Vigen).

Si la Chine a accepté de proposer l’option de ravitaillement en vol elle s’est, en revanche, refusée à fournir des missiles antinavires aux Argentins. Il semblerait que la Grande Bretagne, forte de son statut de membre fondateur de l’Asian Infrastructure Investment Bank, le nouvel instrument de soft power du gouvernement chinois, soit parvenue à se faire entendre.

Mais c’était sans compter sur l’opportunisme de l’industrie israélienne. Selon les Russes, l’avionique et les systèmes de guerre électronique du J-10 argentin seraient fournis par Elbit, et l’armement par Rafael.

Reste maintenant à savoir si Washington, qui a imposé à Tel-Aviv une commission de contrôle de ses exportations après plusieurs cas de violation de l’embargo militaire pesant sur Pékin, laissera faire ou non, alors que d’autres négociations viennent de s’ouvrir avec l’Equateur pour la vente du même J-10.

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