A400M : échanges de courriers

A400MLe journal espagnol Andalucía Información rapporte que la vice-présidente opérations d’Airbus DS, Pilar Albiac, a annoncé que l’avion­neur a été sollicité par l’Egypte pour recevoir des A400M le plus tôt possible. Si cette information se vérifie, et quel que soit le nombre d’appareils achetés, l’Egypte devien­drait le premier client de l’A400M hors du pool de départ, que la Malaisie avait rejoint en 2005.

L’A400M, un avion «bien né», selon les experts aéronautiques, mais qui a connu quelques déboi­res. Tout d’abord dans le fonc­tionnement, la gouvernance ( ?) de l’usine de Séville. Puis pour satis­faire les exigences «contractuelles» des pays clients. Pour la France, par exemple, à propos du parachutage et du ravitaillement en vol. D’où débats, rumeurs, réunions multi­ples. Entre industriels et clients et entre utilisateurs. La semaine dernière, par exemple, à l’OCCAR, où lors d’une rencontre des DNA des pays clients.

La France, étant la seule à utiliser l’appareil dans des opé­rations majeures, est le pays le plus exigeant. A la fois sur les livraisons et sur diverses fonction­nalités de l’appareil : en particulier le para­chutage et le ravitaillement en vol. Car les opérations menées dans le Sahel impliquent une forte utilisa­tion des capacités de transport aérien tactiques. Compte tenu des retards de l’A400M — en livraison et en fonctionnalité —, des débats qui durent depuis des mois : doit-on, va-t-on également acheter des C130 pour satisfaire les besoins opéra­tionnels de nos armées ? Pour «remplacer» des A400M défaillants, en juin, Jean-Yves Le Drian avait précisé à l’Assemblée nationale que «pour renforcer nos capacités de trans­port aérien tactiques (…) nous étudions la mise à disposition de quatre nouveaux appareils C130 et avons provisionné des crédits à cette fin».

Confronté à des difficultés à l’usine de Séville, Airbus DS avait, à la rentrée, adressé à la DGA un cour­rier jugé alors «maladroit». Le minis­tre, qui avait décidé de «ne plus faire de concessions sur ce pro­gramme», a donc, à son tour, écrit à Tom Enders. Et il attend des réponses. A la fois sur le nombre de livraisons d’ici à la fin 2016 et sur les fonction­nalités non disponibles.

Si Airbus DS paraît pouvoir assurer les livraisons prévues, pour ce qui est du para­chu­tage «à la française», des essais viennent d’être conduits, avec une cinquantaine de paras. Ils seraient «positifs», impliquant seulement des modifications du modèle opéra­tion­nel. Quant au ravitaillement en vol, Airbus a demandé à l’Onera de se lancer dans des études complé­men­taires pour trouver, si cela est pos­sible, une solution.

En attendant la réponse de Tom Enders, à la DGA et chez Airbus, on doit relire et relire le contrat, au cas où… Ce qui fait écho à un autre courrier. La France, on le sait, a adressé au Pentagone une demande de cotation pour quatre C130 neufs. Des appareils capables d’effectuer du ravitaillement en vol d’hélicoptères, deux d’entre eux pou­vant être armés et mis à la dis­posi­tion du COS, les deux autres pouvant effectuer du «brouettage» et complétant ainsi la flotte actuelle de C130, de vieux appareils, déjà d’occasion au moment de leur achat, et dont le taux de disponibilité n’atteint même pas les 30 % ! Le Pentagone a déjà fait savoir qu’une réponse détaillée interviendrait en novembre.

Brienne attend donc deux réponses. Celle d’Airbus et celle du Pentagone. La première devrait être «positive». Restera à attendre les résultats des études de l’Onera. Si une solution était trouvée, cela per­mettrait, selon les spécialistes, de favoriser les exportations de l’A400M. La seconde, compte tenu du coût de l’achat «dans la durée» à travers le programme FMS, pourrait conduire Paris à se limiter à acheter les deux appareils que réclame le COS. Et à envisager d’autres solu­tions pour le «brouettage de proximi­té». Les états-majors en discutent.

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