À la veille du 19e congrès, grande lessive à l’APL

À un mois du 19e Congrès du Parti communiste chinois, les experts divergent sur la façon dont Xi Jinping va chercher à accroître ses pleins pouvoirs. Une chose est certaine : il va rester patron de la Commission militaire centrale (CMC) et il a puissamment bouleversé les strates dirigeantes de l’Armée populaire de libération cet été.

Témoin, la disparition (non-expliquée) du chef d’état-major interarmes, le général Fang Fenghui, et son remplacement par Li Zuocheng (désaccord sur la question coréenne ? Constitution d’une faction politico-militaire anti-Xi ?). Vétéran de la guerre antivietnamienne de 1979, Li a à son tour été remplacé par le général Han Weiguo comme chef d’état-major, tandis que le général Ding Laihang a pris la direction des forces aériennes. De même que l’amiral Shen Jinlong, patron de la marine nommé en janvier, ces deux-là seront sans conteste promus à la CMC en octobre.

Le 30 juillet, Xi a surpris tous les cadres dirigeants civils et militaires lors de l’anniversaire des 90 ans de l’APL : au lieu de le célébrer à Pékin avec les chefs du PC et le cercle des vieux caciques qui ont toujours leur mot à dire, il est parti en Mongolie intérieure pour un défilé au cours duquel, vêtu d’un uniforme, il s’est fait présenter par le général Fan Chanlong comme « leader » (Lingxiu au lieu de Lingdao, simple dirigeant), appellation jamais employée depuis Mao Zedong.

Puis a suivi, début août, la nomination de 138 généraux, et en particulier celle de vingt-six commandants dans 13 groupes d’armées constituant une nouvelle caste de jeunes officiers. Le jeu des chaises musicales réalisé à cette occasion indique aussi que Xi Jinping a cassé le système d’allégeance des états-majors régionaux à leur commandant (selon la vieille tradition chinoise), afin de museler d’éventuelles oppositions à la veille du congrès. On le voit, par exemple, avec la mutation d’un spécialiste de la guerre de la jungle, le général Fan Chengcai, ex-chef de groupe d’armée dans le Yunnan, à un poste « élevé » dans les hauteurs du Tibet, dont il dirige désormais le 76e Groupe d’Armée.

L’armée reformatée, avec ses nouveaux officiers généraux tributaires de Xi, devrait donc jouer un rôle important dans la partie de go qui s’annonce en octobre.

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