Rafale : pour l’export et la Marine

RAFALE FASLe 28 janvier, d’un seul coup d’aile, après une étape de ravitaillement technique sur la BA126 de Solenzara (Corse), l’Egypte a pris livraison de trois nouveaux Rafale partis de la BA125 d’Istres, où est implanté l’atelier de Dassault Aviation qui a procédé à leur mise à niveau export (après démontage d’un certain nombre d’équipements spécifiques appartenant à l’armée de l’Air). Ces machines, toutes biplaces, sont les Rafale DM-04 (9254), DM-05 (9255) et DM-06 (9256) ; la désignation DM signifiant “Dual Misr” (Biplace Egypte).

Cette livraison porte à six le nombre de Rafale livrés à la force aérienne égyptienne. Tous sont prélevés sur la troisième tranche destinée initialement à l’armée de l’Air, laquelle ne recevra plus de nouveaux Rafale avant 2021 au mieux. Ceci afin de faire place aux livraisons vers l’Egypte (18) et le Qatar (24), au rythme de onze avions sortis de la chaîne de Mérignac tous les ans.

Les seules livraisons aux armées françaises concerneront cette année la Marine nationale, laquelle a, pour l’instant, reçu un total de 45 Rafale M (dont 5 Rafale M F1 rénovés F3, les Rafale M-10, M-9, M-8, M-7 et M-6 rendus dans cet ordre inversé). Livré fin 2015, le Rafale M-45 est le dernier avion fourni en date à la BAN de Landivisiau (Finistère). Le M-46 suivra courant 2016, de même que le M-41, retourné l’an passé chez l’industriel suite à un problème technique détecté par la DGA lors de sa recette. Pour mémoire, les deux derniers avions de la quatrième tranche du programme, les M-47 et M-48, ne seront remis à la Marine nationale que fin 2020. Entre-temps, les Rafale M F1 de la première tranche (rénovés F3) M-5 à M-1 auront tous été restitués.

Ainsi en 2018, l’Aéronautique navale disposera d’un parc complet de 42 Rafale M. Et non pas 46, puisque quatre de ceux-ci ont été perdus lors d’accidents survenus en mer depuis 2009, dont deux dans une collision en vol lors d’essais d’emport lourd depuis le porte-avions. L’année 2016 sera cruciale pour l’Aéronautique navale puisque elle verra le retrait des seize derniers chasseurs-bombardiers Super-Etendard modernisés (SEM) de la Flottille 17F et leur remplacement par des Rafale M — avion qui sera pour les trois décennies à venir l’unique type d’avion de chasse en service dans la Marine nationale.

Le retrait des derniers SEM sera d’ailleurs concomitant à la mise en cale sèche du porte-avions “Charles-de-Gaulle”, qui sera immobilisé pendant près d’un an et demi, de septembre 2016 à février 2018, pour son deuxième arrêt technique majeur. Une révision importante puisqu’il s’agira de l’entretien à mi-vie du porte-avions prévu pour être retiré en 2041, au terme de quarante ans de service (2001-2041), et au cours de laquelle le bâtiment sera adapté aux dernières variantes du Rafale.

Rappelons que la cinquième et ultime tranche de Rafale M concernera les avions M-49 à M-58, soit dix avions destinés à compléter l’armement des flottilles 11F, 12F et 17F aussi bien qu’à assurer le segment “Marine” de l’ETR 2/92 “Aquitaine” sur la BA113 de Saint-Dizier, un apport jugé actuellement encore insuffisant en nombre d’avions. Unité de transformation Rafale interarmées, l’ETR 2/92 devrait donc, à terme, disposer, en plus de ses biplaces, d’un parc permanent d’au moins cinq à six Rafale M pour la formation et l’entretien des pilotes marins comme de celui des moniteurs.

Sans la commande par l’Etat de la cinquième tranche de Rafale M à Dassault Aviation au cours de la prochaine LPM, la série navale pourrait s’arrêter simplement à 48 avions. A ce jour, exactement 146 Rafale (en versions C, B et M) sont sortis de la chaîne de montage de Dassault Aviation à Mérignac (Gironde), dont les six premiers pour l’Egypte. Les derniers avions remis à la DGA ont été le Rafale C-147 (troisième F3R de série à être doté en série du radar RBE2 AESA, de l’OSF-IT et du DDM-NG) et le Rafale M-45 au même standard.

Sur les 56 biplaces fabriqués, 50 l’ont été pour l’armée de l’Air, qui en met actuellement en ligne un total de 49, le premier Rafale perdu en 2007 par accident étant le Rafale B-316. Rappelons que les 18 Rafale restants sur la commande égyptienne devraient normalement tous être livrés d’ici fin 2017. Il s’agit de 10 Rafale DM supplémentaires et de 8 monoplaces Rafale EM, après quoi, en 2018, débuteront les premières fournées destinées au Qatar, soit 24 avions, avec une fin des livraisons estimée pour mi-2020.

Aucune augmentation de la cadence de production du Rafale n’a été décidée à ce jour. Comme l’a précisé Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, un mouvement dans ce sens ne pourra intervenir qu’une fois signé le contrat en négociation avec l’Inde pour 36 avions. Une seconde chaîne de fabrication sera alors installée à Mérignac, Dassault Aviation ayant acquis dans ce but de nouvelles surfaces, qui jouxtent ses installations actuelles sur l’aéroport bordelais.

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